La corruption en chanson : Nantenaina se fait ambassadeur du petit peuple !

Nantenaina se fait ambassadeur du petit peuple et éveille les consciences.
Nantenaina se fait ambassadeur du petit peuple et éveille les consciences.

Nantenaina revêt toutes les casquettes. Il est lui-même et tous les autres à la fois. Ses inspirations, il les puise et les trouve dans le vécu, les malheurs et les mésaventures de chacun.  Il se fait porte-parole de tout un chacun, relate, pointe du doigt et se veut être un intermédiaire entre ce petit peuple trop fatigué de travailler à survivre et ses gouvernants. Il veut, à travers deux de ses compositions, aborder la corruption.

« Ambassadeur du petit peuple », Nantenaina se met souvent à la place des gens dont il raconte les histoires. Des histoires pas toujours joyeuses et même souvent tristes, comme c’est le cas dans « Inona ny atao » et « vôlan’écolage » qui parlent de corruption, un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. Le chanteur nous en parle. « Vôlan’écolage est une chanson écrite en 1996 mais reste toujours d’actualité ». A l’époque, Nantenaina a désigné ce mot «écolage» pour définir le pot-de-vin sous toutes ses formes et à toutes les échelles. « Dans cette chanson, je détermine certaines causes de cette pratique illicite ». Il décrit un citoyen lambda conscient de cette situation, qui peut être victime du bakchich mais qui peut être aussi contraint de l’appliquer pour survivre. « Tout est dit, ce qu’on rencontre quotidiennement avec les barrages de circulation. Quel que soit l’état du véhicule, avec ou sans papiers, on passe si on paie l’écolage. (Tavela tam-barazy koa tsisy écolage). Il y a aussi le cas où si l’on veut obtenir ses documents administratifs, il suffit de laisser un peu de pot-de-vin et tout s’accélère. (Anà koa mekimeky, magnèfa écolage…)». Bref, les Malgaches sont confrontés à cette situation dans la vie de tous les jours. Un autre exemple dans le domaine de la santé publique, ceux qui n’ont pas les moyens ont du mal à avoir accès à des soins les plus appropriés, voire laissés à l’abandon. « En résumé, sans argent, on n’avance pas car partout où on va, on vous en réclame ! Mais, comment réussira-t-on à faire vivre la famille avec un petit salaire ? C’est là que le petit peuple, quel que soit son degré de pouvoir, se retrouve contraint d’accepter « l’écolage » afin d’arrondir les fins de mois difficiles (vôlan’écolage mamenofeno ananjy) ».

Le même sujet, quatre ans plus tard. En 2004, Nantenaina revient à la charge mais cette fois, avec une nouvelle chanson « Inona no atao », écrite l’année où le Conseil supérieur de Lutte Contre la Corruption ou Bianco a été mis en place à Madagascar. Ici, Nantenaina se met à la place d’un père de famille, disons un fonctionnaire qui, avec son maigre salaire mensuel et les quelques pots-de-vin reçus pendant l’accomplissement de son travail, a beaucoup de mal à tenir. « Le père de famille commence à se poser sérieusement des questions: comment vais-je faire pour arrondir les fins de mois difficiles? Maintenant que l’acceptation de « cadeaux » est condamnée par la loi. Où vais-je trouver de l’argent en plus? Après une journée de travail, je suis fatigué, je n’ai plus la force d’exercer une autre activité. La petite rémunération se vide au bout de 10 jours. Alors, qu’est-ce que je vais faire ? M’endetter ou voler ? Ou vendre les biens matériels ? Il réfléchit à comment procéder, et en même temps lance un appel auprès des autorités : La vie est si dure, certains dérapent et cherchent d’autres idées malsaines pour s’en sortir. Je vous en prie, aidez-nous à améliorer notre niveau de vie. Les femmes et les enfants maigrissent, ne mangent plus à leur faim, la famille ne peut plus acheter de quoi manger, ni payer les loyers… Les épidémies sévissent, mais le petit peuple n’a rien pour se soigner. Bref, tout s’écroule. Pourquoi tous ces problèmes, parce que recevoir des pots-de-vin est puni par la loi, alors qu’il n’y a pas de solutions mises en place pour rehausser la qualité de vie des Malgaches ». Nantenaina, en tant qu’artiste et en tant que citoyen, à travers ces deux chansons ; « vôlan’écolage » et « Inona no atao », éveille donc les consciences et invite les agents de la Bianco, les gouvernants et autres organisations luttant contre la corruption à  mettre en place des mesures d’accompagnement d’abord et voir de près le cas des « petits peuples » dont il se fait ici l’ambassadeur avant d’appliquer et de mettre en place des stratégies et autres contre la corruption. Tout cela, à travers ses chansons.
Mahetsaka

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