Interview : Barhone : « Ghettos Kids, pour faire des spectacles ambulants »


Jacaranda

Barhone veut créer des spectacles ambulants avec des enfants de rue.

L’humoriste Barhone, qui fait sa carrière de comédien et de slameur, a toujours été un passionné qui veut partager ses expériences avec ses pairs. Cette année, il projette de lancer le spectacle « Ghettos Kids », qui met en scène des enfants des rues, afin de faire des spectacles ambulants. Interview.

 Midi Madagasikara : De comédien à humoriste, parlez-nous de votre parcours ?

Barhone: J’ai commencé par le théâtre en rejoignant la compagnie Miangaly en 2008. J’y ai appris l’art de la scène et les bases techniques d’un bon spectacle. Grâce à la compagnie Miangaly, j’ai eu l’occasion de faire des tournées et des spectacles. Mon désir était d’entrer dans un milieu plus professionnel, et cela s’est concrétisé. Puis en 2010, je me suis mis au slam. En fait, je devais jouer le rôle d’un figurant. Je me retrouvais cependant à la place du metteur en scène. C’était plutôt réussi, alors je me suis mis à l’écriture. J’ai alors rejoint Madagaslam. Mais comme j’ai toujours aimé faire rire, mais surtout imiter les gens : leur manière de bouger, de parler, je me suis dit que je pourrais faire dans l’humour.

MM :Vous avez toujours partagé vos expériences avec les autres. Quelle en est votre motivation?

Barhone: A mon avis, il est essentiel de partager. Il n’y a pas d’école d’art dramatique à Madagascar, et même s’il y a des gens talentueux, ils ne peuvent pas se former. Alors, je pense que lorsqu’on peut partager ses acquis et ses expériences, il faut le faire. D’autre part, je pense que c’est aussi un moyen de développer le mouvement que l’on veut voir évoluer.

 Parlez-nous de votre projet « Ghettos Kids » ?

Barhone: En fait, j’ai remarqué qu’il y a beaucoup d’enfants et de  jeunes qui ont du talent, mais faute de moyens, et parfois même à cause de leur précarité, soit ils ne peuvent pas laisser exprimer leur talent, soit ils doivent se produire dans la rue. Il y a des enfants qui jouent des instruments de musique et qui ne demandent qu’à être aidés pour  mieux jouer, d’autres chantent, et puis il y a certains qui ont un vrai sens de l’humour. J’ai envie de les approcher, de les mettre ensemble, de les aider et de les pousser à faire un spectacle. Pour l’heure, comme je suis à Tanà et que ce sont des enfants des rues de la capitale, je pense faire le projet à Tanà. Comme c’est un projet, je voudrais « quelque chose de faisable ». C’est le concept de ce projet « Ghettos Kids », qui veut donner de la valeur à leur talent.

Recueillis par Anjara Rasoanaivo


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