Pascale Vétois : « J’ai découvert une méthode de tissage du sisal à Madagascar »


Jacaranda

Les tapis signés GasyRug seront exposés à l’AKOA.

GasyRug, un atelier qui travaille le sisal sous toutes ses formes, expose à l’Akoa à partir de ce jour. Travailler le sisal pour en faire des œuvres à la fois utiles et très esthétiques. Pascale Vétois, designer au sein de GasyRug, explique. Interview !

 

Midi Madagasikara : Comment vous est venue cette idée de tresser le raffia ?

Pascale Vétois : J’ai découvert une méthode de tissage du sisal à Madagascar en 2014. En tant que designer, cette méthode mal exploitée m’a interpellée. Elle est assez simple et complètement manuelle. Ce sont des tresses de sisal, (Agave répandu dans le monde entier), calibrées et cousues les unes aux autres sur la tranche avec du raffia. Nous avons créé des patrons permettant de reproduire les dessins de tapis échelle. Les dessins sont créés dans le respect de la matière. Ils sont déclinés en différentes tailles et thèmes : Mandala, Bulle, Aloalo, galet… Cette méthode entièrement manuelle ne favorise pas les formes droites.  Le sisal est une matière « pauvre » servant surtout à réaliser de la ficelle et des cordes de bateaux. En revanche elle est très solide et se renouvelle chaque année.

 

MM : Cela vous prend combien  de temps pour réaliser un tapis ?

PV : En Février 2016, nous avons monté notre propre atelier. Nous avons embauché des tresseuses sans aucune formation, et trois tapisseuses formant à leur tour les autres personnes. Nous sommes 27 maintenant. C’est un travail de longue haleine. Pour faire un tapis par exemple de 2 mètres de diamètre, il faut le travail d’une tresseuse pendant un mois, puis le travail d’une tapisseuse durant un autre mois. En effet un tapis de cette taille est constitué de 1200 mètres de tresses cousues les unes aux autres sur la tranche.

 

MM : Et qu’est-ce qui vous inspire ?

PV :En tant que designer, depuis 30 ans,  j’ai toujours été fascinée et travaillé les « symboles archétypaux ».  Ils touchent notre inconscient collectif et créent une forme de langage commun à tous les hommes. Mon premier tapis fût bien sûr un Mandala, forme géométrique se retrouvant dans toutes les cultures du monde entier. Notre œil ne se pose pas, notre esprit non plus et permet de s’évader comme du fait de regarder un feu et ses mouvements perpétuels. Notre inconscient s’éveille.J’aime aussi le travail des formes aléatoires recherchant l’équilibre dans l’amoncellement de celles-ci, rien n’est précis et pourtant, notre vision perçoit la stabilité de l’ensemble. Mes tapis débordent de leur cadre, sont percés par endroit laissant apparaître le sol où les murs leur conférant un peu plus de matière.

Recueillis par Anjara Rasoanaivo

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