Exposition : « A corps, à cran, à cris » de Sandjay Liladhar continue d’enchanter !

Jacaranda
« A corps, à cran, à cris » de Sandjay Liladhar continue d’enchanter !

Ses toiles de grands formats, des diptyques et des triptyques atypiques et singuliers, ont l’air de sortir tout droit d’un film d’horreur. Certains ont déjà eu l’occasion de les admirer. Les autres pourront les découvrir à l’Is’art galerie. « A corps, à cran, à cris » est exposé dans les cimaises de l’Is’art galerie jusqu’au 23 mai.

« Des corps, et encore des corps, à hauteur d’homme, que l’on croirait sortis d’un mauvais cauchemar, où la couleur et la forme ne font qu’une. Ces derniers, méconnaissables, véhiculent leur expression souvent inquiétante dans une sorte d’énergie instable, engendrant tout un tas de douleurs extrêmes qui en sont le moteur. L’artiste néglige volontairement la frontière entre la réalité et le fantasme. Un univers dérangeant où, çà et là, on y trouve des corps décapités, lacérés, l’épine dorsale mise en évidence, parfois comme fendue. Des corps si puissants aux carnations féminines dont on ne voit jamais les sexes, soulignant une identification des plus ambiguës. Ils représentent un être tantôt seul, tantôt avec parfois une autre personne de même sexe, brisant cette norme fixe impérative et traditionnelle du couple homme / femme. Il ou elle, indistinctement, le fantasme semble remonter à un temps de la vie où la différence des sexes était inconnue. Les voici enlacés, entre dominant et dominé, ouverts aux prises et aux morsures et qui, hélas, nous ressemblent. Si la peinture de notre artiste est gestuelle, l’écriture nerveuse s’applique malgré tout à se rapprocher de la perfection. Le grand Caravage refait surface, avec cet emploi pertinent du clair-obscur, lui qui en fut l’inventeur, et d’où découle chez Sandjay Liladhar une unité tonale entre des monochromies noires, grises, ocres, qui dominent et attirent le regard. Résurgence d’images interdites à l’Éros exacerbé, autodestructeur, délivrées de tout marqueur social, sans être obscènes ». Cette description qui est celle de Patrick Maradene retranscrit parfaitement les tableaux de Sandjay Liladhar, exposé à l’Is’art galerie Ampasanimalo depuis le début du mois.

Figuratif. Connaissant très bien le peintre, Patrick Maradene continue de présenter ses œuvres : « La peinture de Sandjay Liladhar est sérieuse et grave, dans le sens où elle repose, en partie, sur la tradition classique, celle qui a fait la renommée des peintres de la Renaissance. D’ailleurs, ses maîtres, ceux dont il s’inspire, voire ceux qui le hantent, sont principalement issus de cette période : Le Caravage, Le Greco… sans omettre l’une des figures majeures du XXe siècle, Francis Bacon. Les références sont ancrées, mais l’œuvre, avec sa poésie insolite, reste captivante. Elle véhicule une pensée intuitive, l’expression d’un sentiment, d’une sexualité et d’un inconscient plus tragiques que jamais. Son regard sur l’être humain me fascine – un regard franc, privé de flatterie ». Pour découvrir « A corps, à cran, à cris », rendez-vous à l’Is’art galerie, jusqu’au 23 mai.
Mahetsaka

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