Portrait – Tefy Khaita : « L’art est avant tout une histoire de passion. »

Jacaranda
Tefy Khaita est gaucher, une « petite » spécificité qu’il partage avec De Vinci.

Andriambololoson Tefy Nirina Enrique Barryh à l’état-civil, il est connu en tant que « Tefy Khaita » dans la sphère artistique. Khaita, parce que son meilleur ami défunt qui l’appelait ainsi, fut le premier à l’encourager à poursuivre et exploiter sa passion pour le dessin, une passion qui l’a mené loin.

Tefy Khaita voue une passion pour le dessin en particulier et l’art en général depuis son jeune âge. Depuis les bancs du collège Saint François-Xavier Fianarantsoa, il commence à se mettre aux portraits et son entourage de l’époque -professeurs et amis y compris- n’ont eu de cesse de reconnaître son talent… Notamment, quand il a réalisé le portrait de son père, en sixième. Depuis il n’a plus décroché et a continué de dessiner, en parallèle avec ses études. Dans la foulée, il a également découvert, pratiqué et approfondi d’autres disciplines relevant toujours de l’art plastique, comme la peinture. Il transforme en œuvre d’art tout ce qui l’inspire et l’interpelle, mais ses sujets de prédilection, restent les enfants- pour la simplicité et la pureté de leur cœur malgré les vicissitudes de la vie- et les scènes de vie spécifiques à sa région natale, Fianarantsoa, la capitale du Betsileo. Il est par ailleurs fière de cette identité culturelle, si bien que plusieurs de ses connaissances l’appellent parfois « Leka » -dialecte bestileo désignant « L’Homme ». Ce terme est d’ailleurs son nom de plume, quand « le feeling » lui en prend.

Passion et charité. Tout artiste possède une démarche qui lui est spécifique. Pour Tefy Khaita, il s’agit de donner, depuis toujours, la moitié de ce qu’il gagne en numéraire pour une œuvre, aux nécessiteux et vulnérables, qui croisent son chemin. Il a toutefois ajouté que : « A partir de maintenant, ce sera la totalité ». Autrement dit, ce dessinateur, également responsable de communication et formateur en leadership et développement personnel, ne vise pas le marché. En serait-il autrement s’il n’avait pas ce travail décent ? Chacun a son point de vue… Lui en tout cas, il rajoute : « Loin d’être un gagne-pain, l’art est, de mon avis et ça n’engage que moi, avant tout une histoire de passion ». Une passion qui s’inscrit dans une dynamique d’échange et de partage, car le dit-il en parlant du talent : « Contrairement à ce que pense la plupart des Malgaches, plus on donne, plus on gagne ». Dans cette optique, il a organisé dernièrement, au restaurant de jeux T-Toon Ampandrana, un lieu culturel proposant une programmation ludique pour toute la famille, une rencontre entre dessinateurs de tout horizon et de tout âge. De même tous les samedis, il y anime un atelier de dessin, pour les enfants de 5 à 12 ans, pour une expression personnelle et une initiation ludique au dessin, autour d’un goûter convivial. Un projet qui est amené à se développer !

Luz R.R

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