Rap : Tovolah sort « Boto radio 13 » en exclusivité sur une application en ligne !


Jacaranda
Banky Foiben'i Madagasikara

Engagé ? Il l’est. Dans son troisième album, fraîchement enregistré et disponible exclusivement sur une application en ligne, ce membre du groupe Karnaz parle ouvertement de la culture de médiocrité qui se démocratise de plus en plus.

Plus question de se murer dans le silence ! Face à la culture de médiocrité qui tend à gagner la jeunesse d’aujourd’hui, Tovolah Bigga Tovo ne pouvait plus se taire ! Le rappeur a sorti « Boto radio 13 ». Un album qui ne sera vendu nulle part mais disponible uniquement sur l’application https://play.google.com/store/apps/details?id=com.kolotsainamainty.tovolah pendant le concert de promotion qui se tiendra ce samedi 9 décembre au CGM Analakely. Ce nouvel opus comporte 15 titres dans le genre ‘rap sosialim-bahoaka’. “Je parle énormément de notion de relation humaine et de la fierté d’être africain. Je ne reste pas sur un thème précis. Je mets souvent en avant le point de vue d’un personnage évoluant au sein de la société malgache avec toutes ses contradictions. Dans la chanson ‘Araho ny Bpm’, j’aborde par exemple le fait de suivre bêtement une personnalité connue, l’importance du patriotisme dans  ‘Atsika jiaby’. Certaines compositions sont encore plus lourdes de sens pour ne citer que ‘Avy lavitra’ dans lequel je dénonce les préjugés eternels sur le rap et les jeunes vis-à-vis de la société faussement puritaine malagasy ».

Conscientiser. Au début des années 90, à l’époque ou la télévision était encore un média inaccessible aux artistes indépendants, la radio jouait un rôle très important dans la diffusion de leurs œuvres. Les émissions spécialisées hip-hop étaient les seuls garants de la qualité et de l’existence de la musique rap à Madagascar. 27 ans plus tard, avec le système du matraquage médiatique généralisé, la radio ainsi que la télé, sont devenues les haut-parleurs de la médiocrité culturelle malagasy et contribuent activement à instaurer un abrutissement de masse. Conséquence de la misère sociale. Dans son troisième album solo “Boto radio 13” qui sortira le 9 décembre, ce membre de « Karnaz », groupe de rap pionnier des années 96, parle des impacts du culte de la médiocrité sur la jeunesse, de l’évolution de la société Malagasy 2.0, et essaie aussi en même temps de conscientiser et de proposer des solutions pour rendre ses lettres de noblesse au hip-hop et à la culture malagasy en général, le tout dans un langage cru propre à l’artiste et boycotté par les medias classiques. “Boto Radio” est la voix des interdits d’antenne, des infréquentables, des révolutionnaires culturelles  et des personnes attachées à la liberté d’expression.
Mahetsaka


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