Portrait – Alain et Antonio : Les émules malgaches de l’hypnotiseur Messmer

Jacaranda
Alain Tokihasina s’inspire de Justin Flom.

Hypnose quand tu nous tiens! Ce ne sont pas Alain et Antonio qui diront le contraire. Du haut de leurs 14 et 15 ans, ces deux jeunes lycéens, animés par une passion en commun pour la magie, font preuve de talent dans leurs genres. 

« Vos paupières sont lourdes, vous n’entendez plus que ma voix… » C’est dans un restaurant de la capitale que la scène se passe. Un jeune adolescent de 14 ans hypnotise une personne qui semble réceptive. En un rien de temps, l’hypnotisée s’appelle  «Ginah » (qui n’est pas du tout son prénom) et elle rencontre son idole Beyoncé en chair et en os. Tout feu, toute flamme, l’émotion qui la gagne dépasse l’entendement. Tout de suite la salle est intriguée par ce qui se passe.

D’un autre côté, son ami joue des tours de cartes, faisant tourner la tête de son public essentiellement composé par des adultes. D’abord un, puis deux, puis trois tours de passe-passe rapides qui nous rappellent ces magies faciles mais tellement ardus à cerner. Voilà comment on a découvert le talent de deux lycéens en train de faire leurs premiers pas dans le monde de la magie.

Comme la plupart des magiciens du monde, ils commencent dans le monde merveilleux de la prestidigitation. Eux, ce sont Alain Tokihasina  et Antonio Andrinirina, deux jeunes passionnés de magie, agés respectivement de 14 et 15 ans, visent à divertir le public grâce à leurs tours de passe-passe et de magie. Mais le plus impressionnant, restent cependant leurs facultés à hypnotiser.

Antonio Andrinirina, un jeune talent à suivre de près.

Un duo à la Messmer. Au bout de cinq mois d’amitié, grâce à la magie, ils sont devenus inséparables et se partagent des tours. « Nos premières discussions ont commencé avec des tours de cartes » avance Tokihasina Alain, « de fil en aiguille, nous sommes devenus une paire de magiciens en herbe. Evidemment, nos intérêts pour la magie prennent beaucoup de notre temps »,  relatent-ils. De ce fait, le duo se forme comme une évidence. Complémentaires, ils commencent alors à se produire au lycée pour le bonheur de leurs camarades de classe et s’étendent ensuite aux alentours du stade de Mahamasina.

« En dehors de ma famille et mes amis, la première personne que j’ai hypnotisée était le gardien du stade. Il m’avait demandé de faire un tour et ensuite il a appelé ses amis. J’ai été entouré de monde et ce que j’ai fait leur a plu », enchaine Alain Tokihasina.  Pour sa part, Antonio Andrinirina a commencé à Antsirabe. « Déambulant dans la gare pendant les festivals, j’ai réussi à faire des tours devant de parfaits inconnus, et j’ai même pu vaincre ma grande timidité. Je me souviens très bien de la fierté que j’ai éprouvée après le fameux tour», se souvient-t-il.  Depuis, le duo à la Messmer connait un succès dans le quartier. Ces jeunes  qui rappellent Messmer, l’hypnotiseur vedette sur le petit écran français.  Si Antonio Andrinirina s’inspire de Dynamo Matrix, Alain Tokihasina penche plus pour la magie de Justin Flom. Par ailleurs, leur rêve, est de faire les grands cabarets à Paris comme leurs idoles.

Manque de matériel. Pas plus tard que lundi, ils ont reçu leur premier contrat. « Finalement, notre travail est en train de payer » souligne Antonio. Effectivement, ils passent entre deux heures à 12h  par jour pour s’entraîner. « Faire de la magie, c’est comme faire du sport, il faut du temps, de la patience et de la persévérance » continuent-il, et ce ne sont certainement pas ces qualités qui leur font défauts. Toutefois, le problème réside ailleurs pour ces deux garçons. Le manque de matériel reste un obstacle majeur pour qu’ils puissent élargir leurs domaines.

Il est trop difficile de trouver les matériels pour faire des tours. « Quand on regarde des tutoriels de magie, nous savons que nous pourrions les faire sans difficultés, malheureusement, le manque cruel d’objets de magies est une grande faille. C’est un problème auquel nous sommes confrontés actuellement»,  racontent-ils. Mais avec  ou sans « matos », ce sont des malgaches et même si cela ralentit leurs progrès, ils font preuves d’imagination et adoptent le système « débrouillard » pour arriver à leurs fins. Dans la plupart du temps, c’est comme cela que commencent les carrières des grands magiciens.

Zo Toniaina

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