Concours national : Les enfants slament contre la violence faite à leur encontre !



Jacaranda
Les dix jeunes slameurs qui se sont illustrés au concours national de slam & poésie.

Le slam comme moyen de sensibilisation ! Samedi dernier, les dix enfants finalistes du concours national de slam & poésie coorganisé par l’Unicef, le Ministère de la Population et le groupe First, ont déclamé haut et fort leur message au jardin d’Andohalo : non à la violence faite aux enfants !

Sensibiliser les gens autrement, de façon plus poétique et artistique, mais surtout d’une manière plus poignante. A travers des mots qui viennent du cœur, les mots de l’innocence, choisis et écrits par des jeunes, eux-mêmes à peine sortis de l’enfance, les dix finalistes du concours national de slam & poésie espèrent faire entendre raison à ces gens qui font preuve de violence envers les enfants. Tous ceux qui étaient présents au jardin d’Andohalo, lors de la remise de  prix aux jeunes gagnants, en tout cas, ont été touchés et partageront sans aucun doute le message et réagiront quand, dorénavant, ils seront face à quelconque forme de violence envers les enfants.
Il y a un mois, l’Unicef, le Ministère de la Population et le groupe First ont lancé le concours national de slam & poésie dédié aux enfants et aux jeunes de moins de 18 ans, ayant comme thème « mettre fin à la violence contre les enfants ». Un concours qui s’adressait non seulement aux jeunes Tananariviens, mais à tous les talents en herbe de la Grande Ile. « Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour les préparatifs, mais nous avons quand même été très contents et surpris du résultat. En effet, 108 enfants ont envoyé leurs vidéos. De 108, il n’en est resté que 15. Dix ont été retenus pour la grande finale. Nous avons décidé qu’il n’y aurait pas qu’un seul vainqueur. Tous ces enfants débordent de talent et d’imagination et méritent tous d’être récompensés », relate Andry Rasamoelina du groupe First. Samedi dernier, ces enfants venus de Maintirano, Fort-Dauphin, Tamatave, Diégo, Majunga et bien sûr de Tana, ont donc déclamé devant le public, leurs œuvres avant de recevoir leurs lots.

Poétique. La violence envers les enfants, un thème qui n’a rien de beau, mais qui a cependant beaucoup inspiré ces enfants des quatre coins de Madagascar qui en ont fait des œuvres. Nandrianina  Aina nous partage sa vision de la violence envers les enfants à travers son slam : « Seul sur les ordures, maquillé de bleus et d’égratignures, pleure et grelotte dans le froid, tapis dans le noir entre peur et effroi, lève les yeux vers le ciel et ploie. Seigneur, purifie le cœur et l’âme des hommes devenus diaboliques, ceux qui exploitent pour l’argent, la vie des enfants, nous vendent et nous trafiquent depuis les cieux jusqu’au sang. Nos tuteurs et nos parents qui nous battent, nous frappent, nous forcent à nous marier et pire, à nous prostituer. Nos compatriotes qui nous traitent comme des esclaves, nous font travailler dès l’aube, jusqu’au soir. Ces ingrats, ces fous, ces pervers qui abusent de nous sans la moindre pitié… Purifiez l’âme de ces messieurs et de ces dames sans cœur, qu’ils viennent en aide aux orphelins afin que règne à la place de l’égoïsme et le soif d’argent, l’amour, afin qu’aucun enfant ne souffre ainsi à son tour ».

Accident. Feu Follet, le seul garçon parmi les dix finalistes du concours national de slam, aborde cette violence envers les enfants autrement : « Papa, t’aimes pas quand j’en parle, mais faut que je le dise. Matin, midi et soir, tu me gifles dès que tu rentres, tu me fais même pas la bise. Tu me rapportes plein de travail, j’ai de la ceinture en guise de biscuits.  Papa, dis-moi ce que je t’ai fait. Tu me traites d’imbécile, mais les coups sur la tête font un effet. Je suis sûr que t’as un bon côté. Laisse-moi juste le voir. Les gens font des rêves en bleu, moi je rêve de ne pas en avoir. Je rêve de voir la vie en rose. Tu m’as fait goûter aux épines, quand tu me dis de ne pas pleurer trop fort pour ne pas réveiller la voisine. C’est comme si j’étais ton sac de sable. Sur moi tu te défoules, quand tu me tapes la gueule avec du bois. Moi je rêve que tu « désoûles ». Je prie pour que maman m’entende. Elle doit être bien au paradis. Je crois que tu m’en veux. Elle est morte en me donnant la vie. Le pire, ce n’est pas mes blessures, ce n’est pas la perte de maman. Le pire, c’est quand tu me répètes que je n’étais qu’un accident. A quoi me sert la vie si elle est faite de blessures ? A quoi me sert un père qui me donne tant de coups de ceinture ? A quoi me sert mon enfance si je n’ai pas de parents ? L’âme de mon père est morte, je suis l’accident qui a tué maman ». De beaux textes qui feront certainement leurs effets et qui sensibiliseront tout un chacun à mettre fin à la violence contre les enfants.

Les dix gagnants du concours national de slam & poésie

Fy Rasoavina, Faya Nah »Majunga, Nandrianina Aina, Nacha, Amira Saffyah, Fyo Nah, Patricia Manjatiana, Feu Follet, Samarina Christina, Antsa Chan, Rinah Irinah »Vatomandry, Mbolatiana Andriamiarintsoa, Tony Daurin, Raharison Mickaella, Valisuh Randrianaivo

Mahetsaka

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