Bande déssinée : « Taxibrousse gangbang » débarque avec Farahaingo

La couverture de « Taxibrousse gangbang »

Le monde de la bande dessinée malgache retrouve ses couleurs grâce à des dessinateurs comme Farahaingo qui vient de sortir son deuxième album d’une longue série, « Taxibrousse gangbang ».

Avec « Taxibrousse gangbang », le second album du dessinateur Farahaingo qui vient tout juste de sortir, autant mettre les belles vertus dans la poche. « Ce terme gangbang est tiré du lexique de la pornographie. La composition du titre est une métaphore, comme si les malgaches étaient parqués dans des véhicules exigus, sans confort, en plus ils doivent payer. A la merci du chauffeur, qui symbolise les dirigeants. Le paradoxe, c’est que les malgaches semblent y prendre plaisir », souligne l’artiste, avec son ton éternellement rigolard. Entre satyre politique et réalisme brut, cet album clame en traits et bulles le désarroi, l’indignation et parfois la colère d’un peuple.

Le lecteur suivra donc les aventures de Philou, le petit lémurien attachant et espiègle avec sa grande gueule et ses gros yeux de mauvais garnement. Le primate va épauler son compère Don’t Dream, « ne rêve pas », pour demander la main d’une belle qui se trouve dans le sud. Le départ de la série commence ainsi à Antananarivo et se dirige vers un périple ahurissant vers le sud de Madagascar. Une région où la réalité de l’insécurité a depuis largement dépassé la fiction. Pour résumer l’esprit de cet album, Farahaingo le résume en des propos invraisemblables. « C’est une rapsodie en colère majeure », souligne t-elle dans un rire révélateur.

Tirade émotionnelle. Pour l’aspect visuel, les traits marqués et les expressions intenses font la particularité des coups de crayon de Farahaingo. L’ambiance générale, Farahaingo évoque une montagne russe, « entre le sombre et l’éclatant selon le parcours des personnages ». Difficile à croire, mais il se pourrait que le dessinateur soutient le regard  par la beauté du drame.  Antichambre des tragédies sociales, il faut bien le souligner que, le titre inspire la résignation reprise dans une perspective « Marlowienne » ou « Fletcherien ». Les couleurs deviennent ainsi un exutoire de l’espoir. Dans la laideur de l’homme pourrait aussi se cacher la beauté de la violence, de la dérision assumée, l’appétence du désespoir…

Il faut ensuite suivre le regard de Farahaingo, habitué à mettre en bouclier son humour décapant. Et cela, c’est la « malgache attitude. Un sourire dans les heures les plus sombres, il faut dire que Philou est synonyme d’espoir quand il le veut. Pour ce deuxième volet d’une longue série, le dessinateur sera édité par « Des bulles dans l’océan » et diffusé par la maison La Flammarion. L’histoire et les dialogues ont été faits par le bédéiste. « Je n’ai pas travaillé avec Calin Osophe cette fois. Je tiens déjà à  souligner  que le prochain volet portera le titre d’Odysée à Nosy Komba », promet-il. On imagine déjà les plages blanches et la mer bleue azur.

Maminirina Rado

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