Slam : Le Slam National 2018 aux airs d’un grand festival

Haingo Rajoelison, ou Misstik, membre de l’équipe d’organisation du Slam National.

Le Slam National démarre officiellement ce jour. Cet évènement ayant de plus en plus de succès auprès des jeunes prend des airs de festival cette année.

Le temps pour Haingo Rajoelison, alias Misstik, membre de l’équipe d’organisation, d’évoquer les particularités et le déroulement  de cette édition 2018.

Midi Madagasikara : Qu’est-ce qui va marquer cette édition 2018 du Slam National ?

Haingo Rajoelison : Deux choses se démarquent pour cette édition. En premier lieu, nous collaborons étroitement    avec les organismes qui soutiennent les personnes handicapées comme « Humanité Inclusion ». Il s’agit d’un travail sur la liberté d’expression, puisque ces personnes ont trop peu d’occasion pour participer au dialogue public. Alors, nous allons leur donner une scène pour s’exprimer. La deuxième particularité de cette édition est la présence de Souleymane Diamanka. Une tête d’affiche qui est réputée en Europe et sur la scène du slam francophone. Cela fait longtemps que nous espérons sa visite, c’est fait et nous en sommes très fiers. Pour la programmation, nous maintenons les meilleures activités. Cette année, le Slam National a des allures de festival.

MM : Comment avez-vous réussi à le faire venir ici ?

HR : En fait, il y a des slameurs qui font des tournées en Europe et dans la région de l’océan Indien. Ils se rencontrent et se partagent leur projet. Et ils s’invitent dans leur festival respectif. De plus, notre partenaire de longue date a accepté de nous soutenir pour l’accueillir. Et vendredi, il fera un spectacle intitulé « One Poet Show ». La première partie sera assurée par Barry Benson, qui offrira un aperçu du spectacle qu’il est en train de préparer.

MM : Parlez-nous des compétiteurs et des participants de cette année…

HR : Dans l’ensemble, les participants sont de plus en plus jeunes. Il y avait une période où l’on retrouvait les mêmes têtes à chaque Slam National, puisqu’elles étaient plus expérimentées et faisaient beaucoup de recherche. Cette année, la moyenne d’âge est de vingt ans. Nous tenons aussi à donner beaucoup plus de chance aux jeunes. Nous avons effectué beaucoup d’ateliers dans les écoles avec les tournois interscolaires. Voilà pourquoi la jeunesse est très présente pour cette édition.

MM : Quels sont les thèmes les plus récurrents chez les slameurs et slameuses ? 

HR : Les thèmes commencent vraiment à être variés. Bien sûr, l’amour et la politique sont des sujets souvent traités. Mais les travaux de recherche de chacun et chacune ont permis de varier les thèmes. Nous avons aussi constaté un travail sur le style d’écriture.

MM : La jeunesse du slam malgache n’hésite pas à tirer à boulets rouges sur les mauvaises pratiques des dirigeants du pays. Est-ce que cela se ressent encore actuellement ?

HR : Il y a un impact sur cette jeunesse. Même si elle n’est pas un acteur direct dans la politique du pays, elle s’exprime, même les plus jeunes. Le discours aussi est maintenant à la revendication identitaire. Les slameurs et les slameuses se demandent comment être Malgache. Est-ce que nous devons revenir à nos valeurs ou bien en créer des nouvelles. Il y a beaucoup de recherches sur l’identité.

MM : Comment se présente le cœur de l’évènement cette année, la compétition du Slam National ?

HR : Comme  chaque année, les membres du jury vont être choisis parmi le public. Nous allons les varier  : des jeunes, des personnes âgées, des hommes, des femmes, des artistes. Bref, nous allons diversifier pour éviter un résultat biaisé. Cette année, sept villes ont pu être représentées, à savoir les six anciennes provinces outre  Antsirabe. Pour Antananarivo, il y a la jeune Poète Rebelle, Andriamisetra, qui est une nouvelle tête, et Conan qui a dix ans de slam derrière lui avec ses 19 ans. A part le trophée, le ou la gagnante va représenter Madagascar lors de la coupe du monde de Slam en France. Il va aussi faire une tournée en Europe, avec des festivals en Belgique, Suisse et d’autres pays.

MM : Est-ce qu’il est possible que ce soit un(e) concurrent(e) qui ne slame pas en français qui remporte le Slam National ?  

HR : C’est possible. Sachant que pour la coupe du monde, les participants doivent réaliser leurs performances dans leur langue natale. Pour le représentant de Madagascar, ce sera obligatoirement en malgache. Pour celui de l’Angleterre ce sera en anglais. Et ainsi de suite. Il y aura seulement un écran sur lesquels les poèmes  seront traduits  en anglais et en français.

Recueillis par Maminirina Rado

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