Portrait : Kazar pour la postérité dans « Malagasy Rock Legend »



Jacaranda
Les membres actuels du groupe Kazar.

Le roi de la scène Thrash Metal de Madagascar, Kazar, a propulsé le rock malgache dans des sphères jamais atteintes. Portrait d’un groupe légendaire encore en activité actuellement.

« Je ne connais pas le rock’n’roll ni le blues… Je me suis tout de suite dirigé vers le Heavy Metal et le Thrash », signale Milon, guitariste du groupe Kazar. Ses propos sont tirés du seul documentaire concernant ce groupe, réalisé par Tsilavina Ralaindimby et Lova Andrianaivomanana en février 2016, sous la bannière d’Isika Misera, titré « Malagasy rock legend », et disponible sur Youtube. La première chose qui frappe en écoutant les discours des membres du band, c’est la multiplicité des horizons de la formation. Par exemple, Milon a passé une partie de son enfance à Toamasina. Quant à Lalah, le batteur indéboulonnable de Kazar a grandi à Antsiranana. « C’était du temps de Deep Purple. Notre maison se trouvait près d’une boîte de nuit et c’est là que des gars jouaient… C’était en 1974, déjà à cette époque, j’avais 12 ans… Le genre s’était déjà établi dans le nord », rappelle le manieur de baguettes.

Le groupe Kazar est formé à ses débuts de Milon, Lalah et Fidy. Ce troisième membre est plus tard parti à l’étranger et plusieurs autres bassistes sont rentrés dans les rangs du groupe. A savoir Ra-dom, Vony, Dalesy… En fait, Milon, considéré comme un des meilleurs guitaristes de Madagascar et sans doute plus encore, a eu des bases dans le classique. « Quand j’ai étudié à Toamasina, j’avais un ami qui s’appelle Desa. Il y avait une sorte de télépathie entre nous, il me passait des cassettes. C’est comme ça que j’ai entendu du hard rock la première fois, de l’Iron Maiden, et j’ai tout de suite accroché », se rappelle t-il. Pourtant son cheminement musical était toujours dominé par le classique, avec quelques bivouacs chez les Jimmy Hendrix et Santana.

Milon lors de ses récents passages au pays sur une scène tananarivienne.

Quant à Lalah, ses techniques à la batterie se sont affinées. Il a d’abord joué de plusieurs genres musicaux. « Du salegy, j’ai été membre d’un groupe de salegy. J’ai également fait du jazz », se souvient le batteur de Kazar. C’est comme cela que s’est donc formé ce groupe légendaire. Qui a aussi assis sa légende sur le premier concert de rock dédié à la protection environnementale en 1984, une première mondiale. Le slogan cravachait comme un riff de pur Heavy Metal, « Arovy ny ala sa handova dezaka », littéralement : protéger la forêt ou voulez-vous hériter d’un désert… La présence du groupe français Little Bob Story a ajouté encore plus de portée à l’évènement. Cette formation qui n’a pas réussi à percer en France a tout de même été adoubée par ses pairs. Ce concert a été inscrit dans les annales, mais apparemment, la génération actuelle est en train d’hériter d’une terre désertique.

Le premier produit officialisé de Kazar était « Apocalypse », et déjà cela sentait le roussi des enfers. Le Thrash Metal malgache était bel et bien né, bien que l’opus ait été enregistré en France avec Milon, Lalah et Ra-dom. « Kazar c’est une histoire à part… Nous faisons ce que nous aimons, que les gens aiment ou pas, c’est nous », souligne Milon.

Maminirina Rado

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  1. groupy anisan nanamarika anay io aaan, lôkôm s r martz koa, marthu gass.

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