Art oratoire : « Ca claque », le rendez-vous des poètes

Les poètes de Madagaslam en plein action.

« Soyez présents, soyez vivants et soutenez le mouvement !» Les slameurs ne le rediront jamais assez et appellent encore les passionnés de vers et de mots à rejoindre la grande famille des poètes.

Exprimez-vous et que « ça claque! » ce samedi à l’Alliance française Andavamamba. Ce rendez-vous des poètes est l’occasion pour intégrer le microcosme du slam  pour les orateurs et les slameurs refoulés. Depuis une bonne décennie maintenant, des Malgaches contemporains emboîtent le pas des grands orateurs traditionnels, dans une autre forme d’art oratoire qui secoue autant par les mots que par les expressions.  Un peu partout dans le pays, des jeunes pour la plupart, frappent de par leurs plumes et de par leurs voix. Hésitants au début, ces poètes slameurs prennent de l’assurance au fur et à mesure des prestations. Car « slam » signifie aussi claque en anglais, et que la claque est brève mais efficace, ces poètes ont trois minutes lors de chaque passage pour réveiller, captiver, émouvoir et persuader l’auditoire.

Diversité. Parfois proche du jeu de comédien dans la prestation scénique, il arrive que le slam poésie devienne un moyen de contestation à part entière contre le système. Sans doute conscient du fait que la diversité est une richesse, force est de constater que les poètes issus de divers milieux s’ouvrent de plus en plus au dialogue et aux échanges. Des évènements comme le Slam Kalo organisé avec l’Unesco font prendre conscience que les poésies traditionnelles aussi bien que les autres formes de poésie peuvent toutes être intégrées dans une scène Slam pour s’y mélanger et y interagir. Dans certains pays en voie de développement, il n’existe qu’une « pseudo liberté d’expression ». Dans ces pays, l’art est le seul moyen d’expression qui puisse aller au-delà des frontières idéologiques politiques et autres… Depuis la colonisation jusqu’à maintenant,  l’histoire artistique reflète toujours une forme militante selon le contexte. De cette oppression se sont vus naître d’autres besoins artistiques influencés par la mondialisation et la modernisation de quelques formes d’arts.

Historique. Pour l’historique du slam poésie à Madagascar, c’est en 2005 que les premiers ateliers et tournois de Slam sont organisés dans la capitale. Ils contribuent à la mise en place progressive d’une petite communauté de slameurs.  A part les tournois et les scènes régulières dans les centres culturels comme l’Institut français de Madagascar, des ateliers et des tournois ont également été organisés dans des ONG, notamment, dans les prisons et auprès des enfants des rues. Dans cette optique, l’art de la poésie touche toutes les couches sociales et contribue dans l’épandage de l’amour de cet art. Donnant ainsi envie aux initiés d’écrire, de toucher les autres et de changer les choses grâce à leur plume et à leur voix. Ces dernières années, les échanges à travers les ateliers et les tournois de slam poésie révèlent bien des talents en permettant à ces derniers de s’exprimer artistiquement aux travers des mots, des rimes et des rhétoriques. Ainsi des poètes comme Tsiky, Mômô, Tagman, Joey Aresoa, Bini, System D,  Caylah, Gad et Monsieur, sont des noms bien connus dans le milieu du slam voire même au delà. La poésie est devenue un moyen de locomotion d’idées,  un outil d’initiation et de partage entre  poètes, mais aussi un instrument d’éducation et instruction dans l’art. Abordant des thèmes courants, comme les faits divers, la politique, la situation socio-économique et l’amour, tout cela vu d’un œil de poète, les textes suivent l’actualité et se forment selon la conjoncture.

Zo Toniaina

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