Histoire :  Justin Bezara, un patriote oublié de l’histoire

Jacaranda
(à gauche) Rakotonirina Stanislas, (à droite) Justin Bezara.

Actuellement, Justin Bezara n’a laissé que son nom comme héritage, mais son action demeure méconnaissable pour la génération actuelle. Pendant la deuxième République, l’autorité de l’époque a inauguré une  rue qui porte son nom à Antsiranana : rue Justin Bezara. Pour la vieille génération, il était le « Raiamandreny ».

Singulier destin tout de même que celui de Justin Bezara, un leader nationaliste de Diégo-Suarez, qui aurait passé de cultivateur à celui de ministre. Itinéraire exceptionnel tout de même que celui d’un enfant de Sandrampiana, un village perdu dans la commune rurale d’Andranofanjava sud-ouest de la ville de Diégo-Suarez.

Fils de Jaonasy un paysan aisé, et de Rakala fille d’un migrant, Justin Bezara est né le 1er janvier 1900. Dès sa naissance, il a vécu l’oppression de l’administration coloniale. Dès lors ce phénomène forge naturellement notre personnage à être contre le pouvoir. Au début du XXe siècle avec la période de tâtonnement politique des Français, la population locale ne sait pas qui il faut suivre. Le royaume Antakarana qui s’affaiblit de plus en plus et sous la pression des Français qui eux aussi influencent de leur part cette dernière. La colonisation reste encore incomprise. Pour être à jour des informations il faut quitter son village. C’est le cas de notre personnage.

La crème de la crème. Le but de chaque future élite est de se faire former, pour ne pas être le commun des mortels dont le but est de pouvoir diriger la population et de la conscientiser. Mais pour être un leader, le savoir est une arme. C’est ainsi qu’en 1915, il est admis à l’école primaire d’Analalava. Après avoir suivi pendant trois ans les cours de l’école régionale d’Analalava, et un an à l’école le Myre de Vilers à Tananarive, Justin Bezara a obtenu le certificat d’aptitude à l’enseignement et un diplôme de comptabilité commerciale délivré par la chambre de commerce. Recruté comme instituteur en 1921, il a travaillé à Majunga et Ambilobe jusqu’en 1929, année au cours de laquelle il a démissionné de la fonction publique pour occuper un emploi d’aide-comptable à Nosy-Be pour le compte de la banque de Madagascar.

Un nationaliste déterminé. S’il était toujours inconnu dans les années 1920, en 1932, il entretient des rapports avec Jean Ralaimongo. C’est à cette époque qu’il est devenu dépositaire du journal « L’Aurore malgache » dirigé par le Réunionnais Dussac. Malgré son caractère, qui se fond toujours dans le décor, Elu en septembre 1946 président de la section locale du MDRM de Diégo-Suarez, il a créé avec un accord du comité politique  MDRM de Tananarive le journal « Ny Fivondronana malagasy » qui se traduit par « Bloc malgache ».  Mésentente, mal entendu entre les insurgés ce sont les principales causes de la difficulté de la réalisation de l’insurrection dans le Nord de Madagascar en général et à Diégo-Suarez en particulier. Alors, l’insurrection de mars 1947 a été tuée dans l’œuf. Même s’il ne s’est rien passé dans cette partie de l’île, des cortèges d’arrestation était effectué par l’administration coloniale. Le 10 avril Justin Bezara est arrêté pour complicité de vol d’armes et atteinte à la sûreté de l’Etat. Il est condamné à 10 ans de détention.

En avril 1948, Justin Bezara se fait maltraité par un garde pénitentiaire de Diégo-Suarez. Il porte plainte deux fois, le 16 et le 23 avril contre son agresseur. Ces exactions ont fait écho dans la ville. On le forçait à s’agenouiller et les gardes se déchaînaient sur lui. Le procureur de Diégo-Suarez dément ces actes dans son rapport. La condition carcérale est critique pour Justin Bezara.

L’année 1948 était dure pour lui. Comme son compagnon d’arme Joseph Jaozandry qui a perdu sa fille lors de son incarcération, Justin Bezara lui aussi connaît le même problème pour son fils le 24 juin 1948. Eugène Bezara est mort à l’âge de 26 ans. Est-ce le même mauvais sort qui s’abat sur ces deux hommes forts du Nord de Madagascar ? La disparition de son fils était un fait marquant de la vie de Justin Bezara. C’était une rudee épreuve pour lui. L’administration locale l’a  laissé  faire son dernier adieu et à aider sa femme de faire le tombeau familial qui se trouve à 60km de Diégo-Suarez.

Parcours d’un militant. Justin Bezara est un personnage parmi tant d’autres qui ont lutté contre l’installation des Français à Madagascar. Influencé par les idéologies de Jean Ralaimongo depuis 1932, il porte le flambeau après la mort de son aîné. Grâce à son charisme et son caractère volontaire, il arrive à convaincre la population du Nord et Nord-ouest de Madagascar ( Nosy-Be, Ambanja, Ambilobe) à joindre l’idée nationaliste. Il a subi des épreuves difficiles des échecs électoraux  l’emprisonnement, la mort de son fils. Mais il ne s’est pas arrêté, au contraire ces difficultés sont surpassés grâce à son courage et sa détermination. Après son incarcération, il est accueilli par la population de sa région comme un héros en 1956. Puis il participe dans le gouvernement provisoire de 1957, et 1959. La fierté que Diégo-Suarez n’a jamais eue. Il est le personnage clé de la lutte anticoloniale dans la ville dans la région septentrionale de l’île. La ville d’Antsiranana était animée aussi bien politiquement qu’économiquement au temps de Justin Bezara. (1945-1960).

Justin Bezara s’est éteint le 16 février 1968.

Iss Heridiny

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One Comment - Write a Comment

  1. mbola misy olona sahala @ Justion Bezara ve @ zao androntsika izao ?

    Vao mahazo sôsy na toerana strapotin dia tsy mena mivadika avy hatrany.

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