Paco Sery : Le génie de la batterie, inspiration de la jeune génération

Jacaranda

Génie des baguettes africaines, Paco Sery est une inspiration pour les jeunes batteurs du moment. Une vraie légende vivante, le musicien a environ 40 années de carrière à son actif. Focus sur ce gaucher qui sait faire chanter sa batterie comme personne

Dans la Grande île, les mélomanes ont eu la chance de le voir performer en « one-man-show » en 2013, mais depuis, ses baguettes, son charisme et son sens du partage artistique ont réveillé une passion chez beaucoup de musiciens malgaches. Retour sur les premiers pas de l’influenceur. Paco Sery est né à Divo en Côte d’Ivoire voire, le 1er mai 1956. C’est à l’âge de 9 ans qu’il annonce à son père qu’il souhaite devenir musicien. Ce dernier accueille la bonne nouvelle en le gratifiant d’une énorme gifle, qui le pousse à fuguer pour devenir batteur de bal à Dabou, avant de s’installer à Abidjan, où il devient peu de temps après le batteur attitré de la réputée peu fréquentable boîte de nuit « La Canne à Sucre ». C’est là que le chanteur et pianiste Eddy Louiss le découvre, et l’invite à intégrer son groupe parisien en 1979.

Rencontre avec Pastorius. Il se fait rapidement une petite notoriété dans les clubs de la capitale, et y rencontre le pianiste jamaïcain Monty Alexander, qui l’emmène en tournée. C’est ce dernier qui le recommande ensuite au maître Jaco Pastorius, qu’il subjugue par son jeu tout à la fois technique et puissant lors d’une jam-session au mythique Sunset Bar. Suite à cela, il collabore ensemble pendant deux ans, pour une série de concerts aux USA. Il fonde la même année le groupe Sixun, penchant européen du projet Weather Report, considéré comme l’un des premiers groupes de fusion jazz-rock, et où Pastorius officiait aux côtés du claviériste Joe Zawinul et du saxophoniste Wayne Shorter. Cette aventure de 15 années se fera en compagnie, entre autres, de Louis Winsberg à la guitare et de Michel Alibo à la basse. Mais durant cette période d’hyperactivité musicale, Paco trouve tout de même le temps d’offrir son talent à des pointures du jazz, comme Dee Dee Bridgewater, Manu Dibango, Claude Nougaro ou Mike Stern, mais aussi à des chanteurs de variétés tels que Jacques Higelin et Charlélie Couture.

Sollicité. La liste serait encore longue, puisqu’il se trouve également derrière les fûts lors de concerts et albums de Nina Simone, Marvin Gaye, Bobby McFerrin. Mais sa plus grande gloire est évidemment d’avoir été invité par son idole Joe Zawinul à participer à son Syndicate en 1996, au sein duquel il enchaîne pendant 9 ans les tournées à travers toute la planète. En juin 2012, il rejoint le nouveau groupe de Didier Lockwood (DLG) avec le bassiste Linley Marthe et le guitariste Jean-Marie Ecay. Avec son album intitulé « The real life » Paco Sery collabore avec des musiciens de haut niveau comme, à la basse Alune Wade, Hadrien Feraud et Guy N’Sangué, Ze Nascimento et Tony Free Bird (percussionnistes), au piano, il y a Eric Lenigni et bien d’autres pour sa réalisation. Les 14 titres sonnent véritablement comme un hommage à tous ceux qui l’ont inspirés, accompagnés, ainsi qu’à la jeune génération qui réinvente encore et encore le jazz et la musique. Dans cet album, dédié à sa fille, ce multi-instrumentiste de génie s’amuse à y mêler ses multiples influences, acquises lors d’une carrière extrêmement prolifique, qui lui a permis de côtoyer les plus grands.

Recueillis par Zo Toniaina

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.