Hip Hop : La verve précoce d’Ysaraya

Jacaranda
Les images des clips d’Ysaraya démontrent son côté rebelle.

Les meilleurs ont déjà perçu chez la jeune Ysaraya, Lantoniaina Rakotonimbiasa dans le civil, un potentiel précoce dans le rap. Pour ne citer que « Psykopasy » qui l’a appelé pour apparaître dans l’album de ce ténor du hip hop malgache. Interview de la nouvelle voix du rap féminin.

Comment vous êtes-vous lancée dans le rap ?

J’étais encore écolière au collège « Maria Mpanampy » à Soanierana, puisqu’on y habitait. C’était environ dans les années 2006 que j’étais déjà une fervente rappeuse. Cette même année, « Psykopasy » m’a invitée pour faire un « featuring » dans son album « Voambolana amin’ny alina ». J’étais à l’époque une adolescente, mais j’affichais déjà une maturité dans l’écriture. Pour ainsi dire, personne ne m’a vraiment montré le chemin. C’est surtout la passion qui m’a guidée, tout allait naturellement. En plus, les performances ont évolué avec le temps.

Pourquoi avoir aimé une musique urbaine, parfois caricaturée comme délire de gosses ?

J’ai tout de suite été accrochée par la culture. Depuis toute petite, j’étais déjà entourée par cette culture. Ensuite, c’est logique que je m’y intéresse et qu’un jour je décide de me lancer dans la chanson. Il ne suffisait plus d’être un amateur, il fallait sauter le pas et partager. Mes parents écoutaient surtout des chansons à texte . En classe, j’observais ce que faisait les aînés,  ceux  qui « kiffaient » le rap. Ensuite, j’ai fait mes propres recherches. Tout en commençant à bouder des cassettes audios à mes parents (rires). Mes premières idoles étaient les « Bogota », « Diosezy » et « X-Crew ».

Comment est votre répertoire actuel ?

A part quelques « featurings » et des connexions par -ci et par là, j’ai déjà à mon actif cinq titres. Ce sont des chansons que j’ai sorties en 2017. Après 2006, à cause des soucis liés à mes études et à ma profession, j’ai dû  arrêter de travailler. Mais l’envie de partager et le sentiment d’avoir à apporter sa contribution pour le rap malgache ont toujours été vivaces. Il m’était difficile de ne pas reprendre le micro. J’ai travaillé avec « Omba Record » pour sortir ces morceaux, surtout « KajyMajy » et par auto production. A part cela, j’ai déjà onze titres dont certains seront intégrés dans mon premier album .

Quels sont vos thèmes de prédilection ?

Je parle souvent du réveil, la révolte des Malgaches face aux injustices. Il s’agit de se réveiller pour faire face aux vraies responsabilités et de ne pas subir constamment. L’objectif est de devenir un être humain digne de ce nom sans oublier de toujours mettre en avant la culture hip hop. Le rap n’est pas seulement un jeu de rimes, mais c’est aussi du savoir-faire, des sacrifices, une lutte, un partage équitable et savoir innover tout en respectant les auditeurs.

Rares sont encore les femmes qui font du rap à Madagascar, sans doute dans le monde entier, quel est votre rôle de femme rappeuse dans ce milieu ?

Les rappeuses du moment font des efforts pour s’aligner aux demandes contemporaines. Cela aboutit à une diversification du public selon les goûts de chacun. C’est pour cela que la diversité, je pense, est utile au rap. Les différentes personnalités qui composent le milieu du rap féminin malgache sont très enrichissantes. Et c’est plaisant de voir qu’avec notre ambition, nous ne baissons pas encore les bras.

Recueillis par Maminirina Rado

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  1. Qui sont ces psychopathes? On dirait des terroristes djihad ! Regardez-vous!

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