Ils ont fait le buzz… : Quand Mosesy, 96 ans, meurt dans le tribunal

Antalaha, ville paradisiaque, décor du drame de Mosesy.

Sinistre fin pour ce vieux monsieur de 96 ans, au louable nom de Mosesy, dans les couloirs du tribunal d’Antalaha. C’était le 02 septembre. Selon les propos d’un journal en ligne et repris sur les réseaux sociaux, il était en procès pour une triste affaire de terrain. Cerise sur le gâteau, le pauvre homme était soi-disant l’accusé. Et les plaignants seraient de richissimes individus voulant faire respecter la loi. Un scénario digne de « Dallas », la série américaine à l’éloge du capitalisme, tout en affichant ses déboires. Et dans ce côté sombre de l’« argent roi », Mosesy en a fait les frais.

Cette histoire a vite été dépassée par l’arrivée du Pape François en terre malgache. Sûrement, le vieillard est actuellement six pieds sous terre, alors que la « gueguerre à propos de ses terres » fera rage. Sa famille, il va sans dire qu’il n’était pas tout seul face au rouleau compresseur, a demandé un report du procès au tribunal afin d’enterrer leur mort. Afin de lui offrir les derniers honneurs, lui que le système a mis du côté des « criminels » jusqu’à l’ultime seconde. Ces dernières paroles auraient été : « On va m’emprisonner pour une juste cause et pour mes terres ? ».

Pour le moment, il est difficile de dire qui a raison ou qui a tort. Ce sera au tribunal d’Antalaha de statuer sur son sort. Mais poussant plus loin les analyses, l’affaire  risque de prendre une nouvelle tournure. Les plaignants n’ont plus d’épine à leur pied, puisque celui qui revendiquait la propriété de ce terrain se trouve maintenant dans le « village dans les nuages ». Par ailleurs, sa famille aura toute la rage du monde pour vouloir se battre jusqu’à la fin. Rien que pour rendre sa dignité à Mosesy. Le troisième personnage de cette affaire est le tribunal d’Antalaha, et au-delà, tout ce qui est représentativité de l’exercice de la Justice par l’Etat.

Mosesy a perdu la vie, nul ne sait sauf sa famille si c’était vraiment la pression concernant son accusation dans la perspective d’aller en prison ou de perdre ses terres, qui en était la cause. Une autopsie mettra toutes les choses au clair. Dans cette tragédie, presque théâtrale sans mise en scène : le décor, les actants…, le défunt est loin des messages forts prônés par les dirigeants et le souverain pontife en personne sur la protection des plus faibles, sur l’intention de rendre fier d’être Malgache, sur ceci et sur cela. Les vers qui vont se délecter de la chair de Mosesy en seront pour le moment les premiers bénéficiaires.

La loi c’est la loi. L’homme c’est l’homme. La politique reste la politique. Et la vie est la vie. Mosesy fera probablement partie d’une statistique que les organismes et autres commissions des droits de l’Homme vont fièrement arborer dans leurs beaux discours. Son nom sera à jamais retenu comme un accusé dans les annales du tribunal. Sûrement, il sera oublié par les vivants dans les années à venir. Les affaires vont s’enchaîner à Antalaha. Mosesy a sans doute fait mieux de disparaître. Le système a gagné, il a perdu.

Quelque part, les valeurs de l’Humanité perçues à travers la vision du monde malgache disparaissent petit à petit avec ce genre d’histoire. Sa famille serait affligée jusqu’à ce qu’un des membres trouve les mots et les gestes pour faire le deuil. Il ne reste plus qu’à espérer que Mosesy soit en paix sous la terre de ses ancêtres.

Maminirina Rado

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