Musée de la photographie Bako Rasoarifetra : « on sentait à travers les objets que ces gens voulaient vraiment vivre »

Jacaranda
Bako Rasoarifetra a appuyé avec des photos ses explications
Credit photo : Musée de la photographie
Etrangers et malgaches sont venus assister à la conférence sur l’Histoire des esclaves de Tromelin. Une histoire passionnante pour les uns,  émouvante  pour les autres, le public a appris bon nombre de choses en sortant de la salle.
L’histoire des esclaves oubliés de Tromelin a attiré du monde au Musée samedi dernier.

Une ou deux fois par mois, un jour de samedi, le Musée de la photo organise, pour les passionnés d’histoire et de photographie, un Café-histoire. Pour la cinquième édition de ce Café – histoire, l’archéologue Bako Rasoarifetra a fait une intervention autour des esclaves oubliés de Tromelin. Ces esclaves malgaches qui, à bord du vaisseau  de la compagnie des Indes orientales, l’Utile,  ont fait naufrage le 31 juillet 1761, et ont été tragiquement oubliés pendant 15 ans, sur une île déserte, perdue dans l’Océan Indien.

Faire parler les objets. Faisant partie du GRAN (Groupe de recherches en Archéologie Navale), Bako Rasoarifetra participedepuis 2010, aux missions archéologiques menées sur l’île de Tromelin. Elle a partagé ses expériences de fouille archéologique sur  cette île, pour parler du quotidien des esclaves et de la manière dont ils ont survécu. Elle soutient l’idée que ces Malgaches étaient bien organisés et savaient s’adapter au milieu. Bako Rasoarifetra a affirmé que l’ « on sentait, à travers les objets, que ces gens voulaient vraiment vivre ». Selon elle, malgré leur condition de vie, « l’amour existait bien », et la preuve est que « quand les derniers survivants ont été récupérés en 1776, il en restait sur les 160 esclaves ayant quitté Foulpointe, sept femmes et un bébé de huit mois ! »

Cependant, l’île n’a pas encore révélé tous ses mystères, l’archéologue affirme qu’une grande problématique se pose sur la sépulture. L’archéologue  a conclu son intervention en annonçant que les recherches concernant ces naufragés se poursuivront, cette fois-ci à Foulpointe, lieu d’embarcation de ces esclaves. Quelques cinquantaines de photos ont été présentées pour illustrer son exposé.

Un thème à succès. La conférence  de Bako Rasoarifetra  sur «  esclaves oubliés », a attiré plus de   90 personnes au Musée de la Photo, situé à Anjohy. Comme souligne un communiqué : « le Café-histoire est une initiative qui cherche à renforcer le Musée dans son implication pour la valorisation du patrimoine photographie et l’appropriation de l’histoire de Madagascar par le grand public. Il vise à mettre en valeur des personnalités – chercheurs, historiens, collectionneurs… – que l’on a peu d’occasions d’entendre s’exprimer publiquement sur leur domaine de compétences. »

Le  directeur du Musée de la Photo donne rendez-vous, pour un prochain Café-histoire, sur un thème autour de l’histoire de l’aviation à Madagascar. Michel Pain, un collectionneur zanatany interviendra à ce sujet.

Iss Heridiny

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