Eric Doboka : « Je m’exprime tout naturellement dans le style traditionnel malgache »

Jacaranda
Eric Doboka sortira un album avec son groupe Berikely& Zama.
Crédit photo : Clément Reboul

Guitariste, bassiste et contrebassiste, Eric Doboka est aussi recorder producteur et manager. Il gère des projets musicaux auquel il participe principalement.

 Ce musicien né d’un père malgache et d’une mère française valorise la sonorité malgache à l’hexagone.

Samedi 25 mai dernier, avec Berikely, ils ont livré un concert lors du Festival Saint Lyphard à la Ferté-Bernard près du Mans. «Les Français ont vraiment adoré. Tout le monde dansait. Les musiciens français sont généralement impressionnés par le rythme malgache » a relevé le musicien avec un sourire aux lèvres. La musique malgache rassemble les deux hommes. Lors d’un festival de musiques malgaches en France, Eric Doboka rencontre Berikely. « Je l’ai contacté un an après pour lui proposer un projet d’album. Avec un réel travail sur le son. Nous avons donc travaillé sur ces compositions puis je les ai enregistrées ». Actuellement, ils sont en train de terminer les mixs et préparent une sortie d’album en France en automne. L’album sera accessible sur les plateformes de téléchargement.

Pop, Rock, enfin… Salegy ! Eric Doboka est également amoureux de la musique classique. Bach en particulier et les romantiques. Il a commencé par la pop. Puis, il a pris des cours de guitare jazz avec Pascal Danae, un auteur, compositeur et interprète français. Il a créé le groupe de blues créole Delgrès et joue dans le groupe de musique du monde Rivière noire. Ensuite, il a entretenu une relation avec Louis Wingsberg, un guitariste français. Guitariste du groupe de jazz-rock Sixun . Le mélomane fait également partie du groupe Tue-Loup depuis 2001. Avec les membres du groupe, ils ont produit plus de onze albums. Sur un de leurs albums, ils ont repris « rest’la Maloya » d’Alain Peters. Dès lors, Doboka élargie sa connaissance musicale en jouant le Mayola et le Sega.

A 30 ans il a décidé de connaître le pays dont son père est originaire. «J’ai décidé de me marier à Madagascar, à Vohipeno. J’ai invité toute ma famille à découvrir Madagascar. J’ai aussi permis à mon père de retrouver sa famille. Car il n’y était pas allé depuis 30 ans. Ensuite j’y suis retourné plusieurs années d’affilées. Et c’est là que j’ai découvert réellement la musique malgache. En particulier le salegy» a expliqué l’artiste. Il a alors monté un premier projet avec un musicien d’origine malgache mais qui est né à La Réunion, Decky. Ce dernier et Eric Doboka ont travaillé pendant plusieurs années pour maîtriser les différents rythmes comme le salegy et le « tsapiky ». Ils ont enregistré une dizaine de titres. Malheureusement, le projet n’a pas abouti pour des problèmes d’entente entre les membres du groupe. Pour lui, la musique malgache était longtemps liée au souvenir de ses voyages à Madagascar. «Maintenant que je la joue, elle me procure joie et bien-être. C’est une musique positive et très souvent festive. Je l’ai notamment vu à Vohipeno. La musique et le chant font partie de la vie quotidienne. En occident la musique est beaucoup plus protocolaire» a-t-il relevé.

Eric Doboka a aidé quelques jeunes groupes comme le groupe Rotterdames, un groupe de pop-rock français. Ces trois musiciens âgés d’une vingtaine d’années offrent des compositions à textes imprégnés de leur vécu et à riffs pop entraînants. Le groupe sortira un album cette année.

Malgache et fier de l’être ! Lors de son enfance, Eric Doboka passait son temps à regarder les diapositives que son père avait de Madagascar. « Les photos de Madagascar me fascinait. Et j’en étais très fier. Je savais qu’un jour je verrais mon pays d’origine. Mon père en parlait peu finalement. Ce qui m’intriguait encore plus» a-t-il dit. Les années ont passé. Son père ne se décidait toujours pas à retourner dans la Grande Ile pour revoir son propre frère qu’il n’avait pas vu depuis 30 ans. Finalement, il y est retourné pour y finir sa vie. Il a été enterré à Vohipeno. .D’après ce producteur franco-malgache, c’est un pays riche pour beaucoup de choses. « A commencer par la présence de multitudes de cultures différentes. Qui a amené un métissage propre à Madagascar. Tout en préservant l’identité de chaque ethnie présente sur l’île. La richesse du sol, de la faune et de la flore. Les malgaches habitent en brousse ou sur les côtes vivent en harmonie avec la nature. Quelque chose que l’on a perdu en occident depuis longtemps. On vit en prenant le temps de vivre. Le sourire légendaire des Malgaches lorsqu’on va à leur rencontre. On est toujours bien accueilli même si c’est avec très peu de choses ». Eric et son équipe envisage de faire une tournée à Madagascar très bientôt.

Iss Heridiny

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