Rap : Diojay et Soja Be, un nouveau disque de la complémentarité

Jacaranda
Diojay (à gauche) et Soja Be le duo communiant le rap antananarivien.

Avec leurs nouveaux produits, « Mpanazary » et « Diska Jokera », Dojay et Soja Be offre un panel musical concentré et solide. De quoi se revigorer pour faire face à ces jours frileux.

Un double album combiné en un seul disque assez prometteur avec « Diska Jôkera » de Diojay et « Mpanazary » de Soja Be. La sortie du produit a été officialisée mardi avec la manière. « En fait, la combinaison de ces deux opus a été surtout orientée vers la complémentarité », assure Soja Be. Une complémentarité plus qu’affirmée avec des titres en ping-pong. Quand Diojay s’entoure de Vy Mamay, Nashya, Epistolier et Steph Rambi sur une instrumentation de Bil, cela donne « Art Mûr ». « Nous sommes de la génération du rap conscient », souffle Diojay.

Dans le texte, la chanson se révèle plutôt poétique. Avec des manieurs de rimes comme Epistolier, il devient la star montante du hip hop tananarivien avec le son aux effluves de boom bap, un rythme sec et sans détour. Il y a de quoi tendre l’oreille. Ou encore sur « Manakambo iny », il a fait appel à des ténors comme Ngah B, Ben J, Syklop et Mista. Un morceau badass où Ngah B n’hésite pas à renvoyer chez eux, ces « sans terre » qui ne « font que voler » celui du petit Malgache. La fine touche de Rays prend ici une dimension plus mélodique, toujours installé dans le beat des années ’90.

Ces deux titres arrivent déjà à soulever ce produit. Pour « Mpanazary », Soja Be démontre son approche humaniste, mais parfois surmonté d’un écorché vif. « Ce gars est comme notre ainé, il fait le médiateur, l’éclaireur… Bref, quand cela va mal, il est là pour recadrer la troupe », dit de lui Diojay. Que ce soit dans ses chansons, comme « Biby mosary », une rythmique progressive atteignant une belle tension. Ou sur « I kiala 2.0 », où il dirige le regard sur le sort de ces femmes malgaches au destin brisé du Liban, trouvant parfois la mort.

« Quand le peuple a faim, il réagit comme une bête. Il devient même une bête et il mord », rappelle Soja Be. N’hésitant pas à assumer l’aspect politique de ses textes. « Le message passe, mais au niveau des kiffeurs du hip hop. Mais nous souhaitons élargir vers le grand public », avance t-il. Tant et si bien que des noms comme Roy Rakoto, Takodah ou Big Jim Da figurent dans « Mpanazary ». Ce double opus sera sûrement un incontournable dans le paysage musical de la musique urbaine dans les mois à venir.

Maminirina Rado

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