« Café histoire » au Musée de la photo : « Rizière dans la ville, patrimoine et identité d’Antananarivo »

Jacaranda
Une photo de Narindra Ramboasalama.

Le Musée de la photographie  poursuit ses actions dans la préservation et la valorisation du patrimoine culturel malgache, en conviant le grand public au rendez-vous mensuel du « Café histoire ». 

Après l’intervention  de l’enseignante Lydie Andriamiseza sur  « La place de la femme dans la tradition malgache », «  Rizière dans la ville, patrimoine et identité d’Antananarivo », par Narindra Ramboasalama, sera au rendez-vous ce samedi 13 juillet 2019 à partir de 10 heures.

Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles,  elle a eu comme sujet de fin d’études : « Comment vivre dans les rizières » ? Amatrice de photographie, elle a constitué au cours de ses recherches un petit fonds d’images qui exposent la vie dans les rizières d’Antananarivo.

Le travail de Narindra Ramboasalama se porte sur l’analyse urbaine, avec un travail sur la photographie en tant qu’amateur ; pour mettre en valeur les quartiers les moins attendus, qui font partie de notre quotidien, en superposant le chaos et l’ordre. C’est à travers les rizières qu’elle a photographié la ville, une richesse que les Tananariviens ont sous les yeux, dans les « bas-fonds».

Voir les  rizières autrement.  L’homme modifie son milieu physique.  Betsimitatatra,  berceau et œuvre de la monarchie Merina, est un exemple d’une rencontre  entre le milieu naturel, un système de culture, et un aménagement du territoire. Les panoramas des plaines de la capitale malgache portent encore l’attention sur la riziculture. « Le riz et moi sommes un », telle était la phrase du Roi Andrianampoinimerina.  Le riz est non seulement un aliment de base mais aussi un facteur d’unification.  Les rizières font partie intégrante du paysage d’Antananarivo, depuis même leur fondation. Elles sont l’expression d’un savoir-faire hérité des ancêtres, et ne peuvent être séparées de l’histoire de la cité. À l’heure où les grandes mégapoles cherchent à réintégrer la nature et l’agriculture en milieu urbain, Antananarivo tend à faire disparaître la richesse de cet équilibre entre urbanité et rizières déjà présentes depuis sa création, par le phénomène de remblais.  Pourtant, la présence des rizières et d’une agriculture de proximité dans la ville pourrait être un moyen de l’équiper pour une meilleure qualité de vie.  Finalement, la rizière est un décor de la ville de la capitale depuis le XVIIIe siècle jusqu’à présent.

Selon le directeur du musée, Tsiory Randriamanantena, « Ce ‘Café histoire’ est une invitation, à chaque participant, à aller regarder ces rizières en ville, au-delà de ce qu’elle présente comme stigmate de la ville pauvre et insalubre ». Regarder ces quartiers, autrement, derrière l’image qu’ils nous présentent, décaler son regard.

C’est également une invitation aux habitants à s’intéresser à leur ville pour enfin se l’approprier.

Une passionnante séance de partage et de questions clôturera cette intervention de Narindra Ramboasalama.

Iss Heridiny

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