Portrait : Kool Raoelison, modeste bassiste aux multiples facettes

Jacaranda
Kool Raoelison avec son instrument de prédilection.

Bassiste de son état, Kool Raoelison est un jeune homme bien connu dans le milieu. S’il est surtout présent dans le microcosme du jazz, il travaille avec des artistes de multiples horizons. Portrait.

Basse à la main, toujours derrière ces grands artistes, Kool Raoelison est facile à reconnaître avec son petit air concentré et son unique « lock » pendant sur sa nuque. Koloina Ny Aina Raoelison, Kool Raoelison de son nom de scène, fait partie de la dernière génération de bassistes malgaches prometteurs. Sa passion pour la musique a germé depuis son jeune âge, mais c’est en 2007 qu’il prend les bases en commençant par le piano. Ce versant prend de l’ampleur et il continue en autodidacte. Son amour pour la basse ? Le coup de foudre pour l’instrument l’a frappé en plein cœur en écoutant du Tôty en 2008. « Tout le monde va dire que cela fait un peu cliché de faire partie de ces jeunes gens que Tôty a influencé, mais c’est ce qui a marqué un tournant de ma vie en tout cas. Etant donné que c’est lui qui m’a fait aimer la basse, je ne pourrais ne pas le mentionner. » En 2009, le jeune homme intègre l’illustre jazz club du CGM/GZ.

 

Plusieurs genres. A partir de là, il se retrouve avec les jeunes de son âge pour gravir ensemble les échelons et se retrouver ensuite sur les multiples scènes malgaches. Si le jazz est son genre de prédilection, il vogue aisément entre les « world music » et le gospel. Côté musique, lui de constater qu’« actuellement, bon nombre de musiciens explorent la musique traditionnelle malgache et s’inspirent de la musique du terroir. En même temps, l’on se laisse également tenter par le courant de la mondialisation et la musique malgache s’ouvre de plus en plus, sans pour autant se faire éclipser. Ce point est très important. Je me permets d’emprunter l’adage de l’écrivain Di pour dire que ‘ma musique je la fais souveraine, quant à celles d’autrui, je les maitrise’. D’un autre côté, la culture du matraquage ne cesse d’augmenter et parfois, cela nuit au sens de la vraie musique », relate-t-il.

Kool Raoelison sur la grande scène du Jazz@Tohatohabato.

Riche expérience. Tous ceux qui le connaissent seront certainement d’accord pour dire que Kool porte bien son petit nom, car son air un peu réservé cache un garçon vraiment sympathique et serviable. En dix ans, Kool Raoelison enchaîne des collaborations en accompagnant des artistes comme Edgard Ravahatra, Minah Bolimakoa, Fifih, ou encore Mem’s Family. Entre-temps, sa rencontre avec Marc Demelemester, le guitariste de Johnny Halliday, et non moins leader du groupe Amx, a beaucoup apporté pour le bassiste. « Comme mes autres amis musiciens, j’ai beaucoup appris de Marc Demelemester. Le partage ne se limite pas à la musique. Il nous a également appris ce qu’est la rigueur demandée aux musiciens professionnels au niveau de la discipline, le timing, l’écoute, et au niveau du matériel. ». Outre Tôty et Marc Demelemester, Jaco Pastorius ne le laisse pas non plus indifférent, au même titre que John Patticucci. Kool Raoelison vient de mettre sur pied le trio nommé « Intello », avec Anthonio Andrian et Sandratra Andrian. Mais pour les découvrir, les mélomanes devront prendre leur mal en patience jusqu’à la fin de l’année.

Zo Toniaina

Telma Fibre Vibe

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