Lu pour vous : « Contes et légendes de Madagascar », focus sur le groupe « Tsimihety »

Scène d’antan typique de femmes du groupe « Tsimihety ».

La littérature orale malgache possède un patrimoine énorme en matière de contes et légendes. En 1967, Rabearison, un administrateur civil a décidé d’en recueillir une cinquantaine et d’en faire un livre intitulé « Contes et légendes de Madagascar ». En langue française, il compile des fables de la région « Tsimihety ».

A commencer par « Homandraikisantano », ce conte parle d’un monstre fabuleux domestiqué par le roi Tsiroamandidihomandraikisantano. Il réclama chaque année au monarque un sacrifice. Pour cela, il voyait en songe le sujet de son royaume qui allait subir ce sort. Un jour, ses songes lui indiquaient sa fille unique.

Comme toujours, dans les légendes malgaches le rapport avec la nature laissait supposer le respect profond des anciens envers elle. D’ailleurs, avec « Rakanga et Ravoay », littéralement « La pintade et le caïman », où l’amitié  entre ces deux animaux a été brisée à cause de la voracité du second. A travers cette fable, le lecteur pourra aussi connaître les chants traditionnels d’une certaine époque. « Tsy hitiavako antibavy dadinao, Miaraka amin’ny kary misôma amim-boay ».

La présence d’un Dieu créateur est évoqué dans plusieurs des œuvres recueillies dans « Contes et légendes de Madagascar ». Une divinité assez proche de celle de la Bible, avec une place centrale et dominante donnée à l’homme dans le titre « Les Antendrovolo », un terme pour désigner l’homme. Pour faire court, les animaux de la terre se plaignent au Dieu des Antendrovolo, ces derniers les décimaient. Au final, ce sont les hommes qui s’en sortent et depuis ce temps, ils dominent tous les êtres sur terre avec la bénédiction du Créateur.

« Dans l’oreille de Dieu et les petits enfants » débute par une scène typique de la région. « Randiambe avait deux filles dont la garde était confiée à l’esclave Befelatanana ». En fait, si les contes étrangers avaient leur méchante sorcière, celle des contes malgaches est incarnée en la personne de Befelatanana. Le plus étonnant, le texte se poursuit par un fait intriguant. « Au même moment, dans le ciel bleu, à travers les étoiles, entouré de ses anges, Dieu attendait la naissance de son enfant ».

Dans une rédaction simple, ce livre de Rabearison serait une bonne source d’inspiration pour ceux ou celles qui veulent connaître la culture « Tsimihety ». Plusieurs titres comme « Dieu et le cœur noble », « Le caractère bouillant du jeune homme », « Un grand roi qui s’est fait gardien de porc »… relatent le rapport entretenu entre l’homme « Tsimihety » et la nature, la société, les autres, la hiérarchie,et  sa condition humaine elle-même…

Cette œuvre laisse à penser aussi que les autres groupes humains possèdent un fond oral aussi riche que révélateur d’un peuple dans son ensemble, voire d’une civilisation malgache. Chez les « Tsimihety », le chien est un animal assez respecté à cause de ses qualités de gardien, le caïman est un animal redouté et respecté, Dieu est un être plein de diplomatie… Une vision du monde assez « relax » à en croire « Contes et légendes de Madagascar » de Rabearison.

MaminirinaRado

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