Ils ont fait le buzz… : « Ici c’était la pénurie d’essence »

Un aperçu du vécu d’Antananarivo lors de ces fameuses pénuries de carburant

Ces derniers temps, les réseaux sociaux ont été vraiment gâtés par le « citoyen malgache » dans toute son acception. La demi-pénurie d’essence de ce mois d’octobre, de tous les éclats et des artifices, restera dans les annales de 2019. Heureusement, l’autodérision dont quelques usagers et quelques consommateurs ont fait preuve sur les réseaux sociaux, a peut-être empêché Antananarivo de sombrer véritablement. A première vue, les dizaines de milliers de réactions sur facebook, les caricatures partagées, les avis politiques, les cris de rage…  n’étaient pas un phénomène de mode.

Décidément, le citoyen du quotidien a été confronté presque chaque semaine à des scandales que désormais, les réseaux sociaux reprennent facilement. La démocratisation de l’information est en parallèle noyée dans un flot de rumeurs numériques visant à générer le chaos. Quoi qu’il en soit, les longues files d’attente au niveau des stations-services ont été l’apanage de la Ville des Mille.

Jamais, même durant la crise de 2002 avec ses barrages, le carburant n’a causé autant de remous populaires. Pour contrecarrer la panique, des « facebookers » ont qualifié cette pénurie comme étant la cause de manipulation de l’opinion. Quelque peu contredit par l’arrivée d’un tanker rempli de carburant félicité par les optimistes comme le retour du Messie.

Entre-temps, le délestage a fait rage les clients de la Jirama, obligée finalement d’opter pour les coupures tournantes. Les explications officielles pleuvent, toutefois, la planète facebook malgache est déjà loin de toute envie de compréhension.

Il faut se rendre à l’évidence, la propension acquise par une situation après son passage sur ce réseau social, dépasse tout ce que Madagascar a connu depuis son indépendance. Il n’y a plus de tri, d’autant que les internautes commencent à connaitre les règles juridiques régissant ce modèle de communication.

Et après, il y a eu cette histoire d’« ici c’est la France », une phrase choc, telle les remontrances indiscutables d’une grand-mère, révélant tout ce que les malgaches sur facebook ont de fibre patriotique. Si tant est que le patriotisme se définirait comme un « attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir », selon Larousse. Toutefois, les différences de positions des malgaches sur le sujet semblent être plus flagrantes.

Les divisions politiques, générées par les dernières élections, ont laissé trop de séquelles. Dès lors, descendre dans les rues comme un seul homme et demander la restitution des îles éparses serait pour le moment une utopie. Quand une rive qualifiait l’autre rive de raciste et l’autre confondait l’une avec des bestioles d’eau douce nuisibles. Cela sous la poussée de la politique numérique « facebookienne », entre autres. Madagascar en est là en ce moment où il perd ses territoires.

Du coup, à chacun son concept de l’amour de la patrie. Sur Larousse, les expressions liées au patriotisme sont nombreuses, notamment celui d’Henri de Bornier (1825-1901) : « Tout homme a deux pays, le sien et puis la France ! ».

Maminirina Rado

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