Musique du monde : Kilema Randrianantoandro frappe fort avec « Ampy zay »

Kilema Randrianantoandro est bien connu pour son éternel sourire contagieux.

Engagé, Kilema Randrianantoandro l’est depuis toujours. A travers son art, le musicien n’hésite pas à dénoncer, fustiger et dire tout haut les maux de notre monde. Avec « Ampy zay », son quatrième album qui vient de sortir, il n’y va pas de main morte.  

« Tu montres ta sale gueule n’importe où… Tes pots de vin et ta corruption… Madagascar ne veut pas respirer ton souffle, maudit sois-tu, puissant corrompu… », telles sont les paroles d’un des morceaux du tout nouvel album de Kilema Randrianantoandro. Baptisé « Ampy zay » l’opus est dorénavant dans les bacs, marquant ainsi ses 25 ans de carrière à l’international. Exit les chansons d’amour et les roucoulements, place à des sujets aussi épineux que sensibles. En douze chansons, corruption, lutte pour le droit, paradis fiscal, injustice sociale… tout y est et rien n’échappe à la plume aguerrie de l’auteur.  Sans langue de bois, Kilema Randrianantoandro aborde des sujets incommodes. S’inspirant des faits et d’actualités, « Ampy izay », traduit librement par « c’en est assez » ou « cela suffit », renferme des titres percutants à l’instar de « Toléransy zérô ».  Ce morceau, entre autres,  condamne fermement toute forme de corruption et de concussion… Dans le refrain, il est on ne peut plus explicite, « Toléransy zérô, paradisa fisikaly, Toléransy zérô, afera kiriminaly… »  Ces paroles virulentes interpellent à une conscientisation générale. Tout au long de son ascension artistique, Kilema Randrianantoandro a calé la composition en équilibre avec le texte dans ce quatrième album. Avec une musique qui atteint les oreilles des mélomanes, il dénonce  les abus et les inégalités qui sont des fléaux pour la Grande île. « Madagascar est pleine de ressources, mais cette richesse est décimée par la corruption qui appauvrit sa population», relate-t-il.

Modern-trad. Du côté musical, Kilema ne change pas de registre. « Ampy zay » relate son « background » artistique aussi riche que varié, mais reste néanmoins dans la fusion du modern-trad. En dépit de ses 25 ans passés entre la France et l’Espagne, Madagascar reste sa muse. Devenu ambassadeur de la musique malgache en Europe, Kilema Randrianantoandro exploite beaucoup les instruments comme le marovany, kabosy, katsa, Kaiamba rambo, valiha avec les basiques et une belle variété de percussions. Accompagné par Manuel Luque Perez, Pedro Delgado Antunez et Nesta Télésphore, Kilema Randrianantoandro a travaillé sur l’album essentiellement en Espagne.  A rappeler que Nesta Télesphore, n’est autre que son frère. Ayant commencé ensemble dans la Cadence bleue et la boite de nuit Le Papillon Bar de l’Hôtel Hilton dans le temps, ils ont eu l’idée de monter leur propre groupe avec Pedro Delgado Antunez. Le bassiste a déjà fait pas moins de 20 ans avec Kilema Randrianantoandro. Quant à  Manuel Luque Perez, cela fait une bonne dizaine d’année qu’il joue de ses percussions dans le groupe.

Unité. Plus qu’un musicien, Kilema Randrianantoandro donne une importance capitale à l’éducation, par ailleurs, il travaille grandement avec des jeunes et des enfants de plusieurs contrées.  Pour lui, la musique est un outil pour véhiculer efficacement des messages comme la tolérance. En outre, sur « Samby olo-raiky », il chante avec une formation espagnole qu’est le Young choir CPM Mùsico Ziryab.  Dans ce titre, il prône l’unité  « …noirs et blancs, riches et pauvres, avec le même sang, avec le même cœur  ensemble nous crions paix, ensemble nous crions unité… nous sommes tous un… ». Ceci est pour rappeler que l’humain forme un tout. « Peu importe où, quand, comment et pourquoi, nous sommes tous un… » C’est un hymne à la paix, l’amour, la compassion et la fraternité. Voilà qui est dit !

Zo Toniaina

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