Lu pour vous : « Le mouvement folk en France (1964 – 1981) » de Valérie Rouvière

Graeme Allwright (à gauche), le chanteur de folk décédé récemment, accompagné par un musicien malgache.

Le 16 février mourut à 93 ans le “folk-singer” Graeme Allwright. Des personnalités comme lui, le monde en a forgé beaucoup. Toujours dans le « protest-song », toujours avec une guitare, prêt à suivre le contre-courant. Ce Néo zélandais était actif depuis les années ’60. Traduisant plusieurs chansons des “folk singer” américains comme Pete Seeger, Leonard Cohen, Bob Dylan en français. Si son empreinte a été en musique, le folk qu’il chantait a été inscrit dans un travail de Valérie Rouvière dans son ouvrage, « Le mouvement folk en France (1964 – 1981) ».

47 pages suffisent moindrement à étaler une époque, où un genre musical a servi de témoin d’une époque en déclin. Avec à l’horizon, le capitalisme, la pensée dominante… qu’ici, Valérie Rouvière caricature dans un titre sans équivoque dans sa première partie : « Non à la  ‘coca-colonisation’ du monde ! » Cependant, en France la dimension politique a été plus ancrée. Puisque comme le démontre l’auteure: « En 1790, les révolutionnaires décrètent qu’il ne doit plus y avoir d’hommes bretons, basques ou alsaciens, ces derniers devant être des citoyens français « comme les autres ».

Dans cette première partie, la ligne est tracée. «L’esprit folk » français part de la Révolution de 1789 pour finir vers les Grand-mère Finibus Folk, Alan Stivell. Quand à Madagascar, elle aurait débuté avec l’arrivée des disques 45 tours et des contacts des Malgaches, voyages et magazines spécialisés, avec la sphère culturelle étrangère. Le « Non à la coca-colonisation du monde » était encore loin des soucis des artistes malgaches. Plutôt, un folk répétiteur, sans aucun combat d’envergure à mener. Cependant, selon l’auteur, la jeunesse française y a trouvé sa bataille.

La force de l’ouvrage « Le mouvement folk en France (1964 – 1981) » réside dans sa volonté à trouver les mots justes. Entre l’enthousiasme de la jeune auteure et son travail concis, vivifié par une sorte de nostalgie musicale. Cela se ressent dans le choix lexical. La manière dont elle arrive à redéfinir le folk, issu de la culture américaine, intéresse. Sans oublier que dans l’ensemble, elle déconstruit une importation symbolique de l’Oncle Sam parmi tant d’autres. Il est alors difficile de ne pas penser que ce genre musical en est aussi une. Des termes comme « Rambling man », le mâle alpha solitaire du folk, apparaissent.

Tout en citant les pères fondateurs, comme Pet Seeger et Woody Guthrie avec son fameux slogan inscrit sur sa guitare : « Cette arme tue les fascistes ». Loin du style de leur équivalent musical, Levelo, chanteur de folk des latérites d’Arivonimamo. Ce dernier n’avait aucun grief sérieux envers le système. Plutôt il est arrivé à en sortir le meilleur nectar. Une musique libre véhiculant de l’espoir, un point commun que ces trois artistes se partageaient. Par ailleurs, un lourd fardeau.

Que « Le mouvement folk en France (1964 – 1981) »  marque d’une pierre blanche en fin de sa première partie « La lutte du pays contre l’Etat ». Où la rue, les festivals et les disques seront les places et les supports d’expression du folk. La deuxième partie est consacrée à l’énumération des amateurs de folk song français selon sept « classifications » : amateurs de folk des régions de France, les américanophiles, Alain Stivell, Tri Yannet autres Bretons…

Maminirina Rado

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