Coronavirus : Les artistes face à l’adversité de la pandémie

Jacaranda

Madagascar en est à son nouveau troisième jour de coronavirus . Dès l’annonce de cette nouvelle samedi, le moral de la plupart des Malgaches a pris un grand coup. Dans le secteur du spectacle, les annulations se sont succédé. Comme tout un chacun peut apporter sa contribution dans la lutte contre ce fléau mondial, les artistes s’expriment pour soutenir leurs compatriotes. 

Mamy Gotso – artiste/chanteur. Je suis chrétien et je crois en Dieu. Alors, premièrement, il faut beaucoup prier. Je supplie la population de ne pas avoir peur mais d’être prudent. C’est un danger immense, il ne faut jamais prendre cela à la légère. Ne soyons pas dubitatif quoi qu’il arrive. Nous pouvons dire que le Seigneur nous a tout de même bénis, puisque nous avons déjà vu ce qui s’est passé en Chine, à l’étranger depuis deux ou trois mois. Dès lors, nous avons déjà appris quelques leçons avant l’arrivée de la pandémie. C’est extrêmement difficile de faire le confinement sans rien à manger à la maison. Toutefois dans la vie, il faut savoir s’incliner face à certaines situations. Pour finir, soyons extrêmement prudents. Il nous faut aussi avoir du civisme, quand nous achetons nos vivres, pensons à ceux qui vont aussi acheter après nous. Ne mangeons pas des choses étalées sur le sol et que nous n’avons pas fait cuire. Les banques vont peut-être se fâcher contre moi, mais il faut aussi penser au distributeur automatique. Si une personne contaminée manipule les touches, le virus pourrait se propager rapidement auprès des autres utilisateurs.

Gangstabab – artiste/politicien. C’est le moment de montrer notre fraternité, puisque tout le monde sera K.O si des personnes en profitent encore. Plus besoin de couleurs politiques, ni d’opportunités politiques parce qu’il s’agit d’une pandémie. Quelquefois les opposants vont chercher à dénigrer le pouvoir, alors qu’il s’agit ici d’un fléau, une épidémie. Nous sommes sur une île, c’est le moment pour nous de voir comment les Malgaches font face seuls à un fléau, quand les frontières sont fermées, face à l’adversité. Que cela nous plaise ou non, la solution sera à trouver à l’intérieur. La prévention, c’est vrai qu’il faut se laver les mains, mais, sachant que 14% seulement des Malgaches ont accès à l’eau, même le savon est un grand problème. Prévenir, c’est quelque chose de primordial, il nous faut devancer le stade 3, le confinement. Sans confinement, le virus va se propager très rapidement. C’est vrai qu’il y a ceux qui vivent au jour le jour. Cependant, c’est la seule solution, plus de déplacement des citoyens. Par rapport à la situation actuelle, les risques de propagation rapide sont énormes. 

Julie Iarisoa – chorégraphe. A mon avis, tout le monde connaît maintenant la situation, il faut tout faire pour éviter que la maladie se propage. Il faudra prendre des exemples sur les pays déjà atteints. Puisqu’on ne peut plus reculer, il faut maintenant avancer. Pour moi, la situation n’est pas tellement désespérée. Il faut savoir être solidaire, puisque tout le monde a besoin de son voisin maintenant. Donc, arrêtez avec l’égoïsme, il faut nous soutenir mutuellement. Si le voisin ne possède pas assez de vivre, se retrouve mal nourri, il sera vulnérable au virus. Il sera peut être contaminé et risque de transmettre à celui qui possède le nécessaire. Alors, inutile de faire des tonnes de provisions par pur égoïsme parce que vous avez plus d’argent. C’est le moment, il faut beaucoup d’amour envers la communauté. Tôt ou tard, le pays s’en sortira. Le désarroi est grand chez le Malgache et cela risque de porter préjudice sur son moral et peut l’anéantir avant la maladie. Mais nous pouvons toujours nous lever le matin, faire le ménage… Ceux qui peuvent travailler, peuvent le faire du moment qu’il n’y a pas d’attroupement. Pour conclure je souhaite que tout le monde se porte bien. 

Bodo – chanteuse. Premièrement, nous n’avons pas demandé à être atteint par cette maladie. Dès lors, nous ne sommes pas prêts mentalement, financièrement, bref, dans notre quotidien. Vous parlez de confinement ? Parce que cela a été une réussite ailleurs. Comment nous pourrons faire du confinement ? Ce sera un peu difficile. Nous allons dire aux gens de s’enfermer chez eux ? Mais tout le monde n’a pas forcément un toit. Pourtant, on pense que c’est la solution la plus rapide. Pour moi, nous devons alors nous soutenir mutuellement. Et je saute sur l’occasion pour évoquer les profiteurs. Profiter, ce n’est pas envers ceux qui ont de l’argent. Ils ont toujours quelque chose à manger. Mais c’est par rapport aux nécessiteux, les profiteurs devraient penser à ces derniers. Si nous aimons notre pays, nous aimons nos compatriotes, c’est le moment où jamais de le démontrer. C’est le moment où jamais de revendiquer notre malgachéité, se dire « ce qui vous fait mal me fait mal ». C’est l’ultime épreuve pour nous. Il faut informer les gens, cela manque, l’information n’est pas fluide. Il y a un Malgache mort en France, il est mort en héros. Nous devons en parler, il est mort en héros en faisant le bien à l’Humanité. Puisqu’il s’agit maintenant d’une pandémie.      

Maminirina Rado

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