Sur Facebook, le COVID-19 divise plus qu’il ne rassemble

Cette image d’un quartier populaire fait mentir les images d’Antananarivo et de ses grands axes vides de monde sur les réseaux sociaux.

(Ils ont fait le buzz…) La pandémie de COVID-19 sera, sans équivoque, le « topic » le plus discuté, observé, analysé… des décennies à venir. Elle fait littéralement le buzz sur la planète Facebook. Madagascar, dans ce concert numérique, n’est pas en reste. Entre les images des quartiers populaires animés comme lors d’une kermesse et, celles des mères de famille devant leur fourneau bien préparées pour le confinement, le pays semble rouler à deux vitesses. 

L’image de gamins jouant innocemment au rugby, sous le regard bienveillant des riverains, sur un grand terrain du quartier d’Anosibe, l’étal d’une gargotière bien achalandé, créent une vague d’indignation empreinte de panique !  

« Vous croyez que ces gens des bas-quartiers ne redoutent pas cette maladie ? Le problème est qu’ils doivent chercher chaque jour leur pitance. Pas comme vous, déjà bien installés avec vos provisions », clame un Facebooker. Un autre lui répond, « Ils peuvent tout de même faire des sacrifices ». Vu les échanges, on pourrait croire que le fléau est strictement urbain ! 

Choquée par cette profusion de nourriture,  une Facebookeuse s’insurge : « Confinement ne rime pas avec fête et gourmandise, pensez aux gens qui n’ont presque rien à manger en cette période ». Une mère de famille plus aisée rétorque : « Chacun fait ce qu’il veut, selon ses moyens ». 

En plus de « faire le buzz », le COVID-19 cristallise la stratification sociale dont Madagascar est en proie depuis la colonisation. 

L’occupation française qui a généré la rébellion que l’on vient de commémorer le 29 mars, s’est appuyée sur la fameuse stratégie politique du « diviser pour mieux régner ».  Depuis l’indépendance, les républiques successives, semblent être restées dans la même logique. 

La pandémie du COVID-19, va peut-être nous aider à retrouver les fondamentaux de la civilisation malgache.  Malgré les cyclones, les maladies, les guerres intestines, la colonisation, les crises politiques… La nécessité fera loi ! 

Il y aura un après COVID-19 : comment combler le fossé entre le monde des joueurs de rugby et celui des épouses modèles qui devront cohabiter ?

Maminirina Rado

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3 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Bonjour, chaque pays doit faire le nécessaire pour protéger son peuple, arrêtons les critiques, sa n’a pas lieu d’être en cette période de pandémie que connaît la planète entière, j’espère que tous les grands dirigeants de ce monde en tireras des leçons, voyons en cela une occasion de changer le monde,être plus humain diminuer la course au profits, plus d’écologie, à l’écoute de son prochain, donnons nous la main pour un monde meilleur, laissons une planète propre à la prochaine génération.

  2. Et c’est toujours la France responsable de ces divisions sociales !? Non mais ! Avec vous c’est toujours la faute aux autres après 60 ans d’indépendance ! MOI QUI TROUVAIT LE TITRE DE VOTRE PARUTION BIEN TROUVÉ, et votre article plutôt bien écrit, JE ME RETRACTE et vous ferais remarquer que vous avez mal formulé cette phrase : »la stratification sociale dont Madagascar est en proie » ; relisez-vous donc : c’est à laquelle, ou dont Madagascar souffre !

  3. Il n’est pas convenable d’opposer les pauvres à ceux qui des provisions dans la situation actuelle. Cette frange de la population qui cherche son repas du jour le lendemain est le résultat de successions de politiques défaillants depuis l’indépendance. Attribuer le désastre cumulé à un régime précis n’a aucun fondement réaliste non plus. C’est le système de prise en charge sociale qui manque crucialement. Le Covid-19 devrait être le déclic pour que nous prenions en main le développement d’un système social et sanitaire accessible et soutenable. Les réalités prouvent que l’Etat demeure clairement la seule issue pour les pauvres devant les nécessaires mesures drastiques de confinement. Heureusement que les nouveaux hopitaux sont mis à profit, même si ce n’est de l’avis de tous. La suite devrait être l’amélioration de tous les hopitaux anciens à défaut de batir des hopitaux en 10 jours comme savent le faire les chinois. Tout en b’oubliant pas l’esprit d’entraide bien malagasy que certains veulent éradiquer les néocolonialistes.

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