Portrait : Kanna Jihe, une combinaison inédite

L’ossature du groupe Kanna Jihe pour le moment.

Un groupe à suivre dans les mois à venir, Kanna Jihe impressionne déjà avec son « rock blues beko ». Le phénomène est en train d’éclore.

Une petite lumière en passe d’illuminer ce marasme dans lequel baigne la musique malagasy avec Kanna Jihe. Groupe explosif de « rock » et « beko », Itaosy est sa cité. « On s’est rencontré en 2017, à cette époque, j’en avais marre de la musique. Je ne voulais plus chanter, ensuite, j’ai rencontré un gars qui jouait dans le quartier. Alors on a sympathisé », se souvient Julio Zafindratata, il est cette voix suspendue dans le temps et envoutante de Kanna Jihe.

L’histoire est longue, toutefois « Mamolava », ou « ivrogne », l’un de leurs seize ou dix-huit titres résume ce ras-le-–bol. Une œuvre que l’on sent naturellement collectif, une musique de jeune garde ayant du cœur à l’ouvrage. « Actuellement, les gens boivent. On ne sait plus pour quelle raison, si c’est pour festoyer, si c’est pour oublier leur amertume… ou si c’est tout cela, mais ils boivent sans vraiment en connaître la raison », ajoute le chanteur.

Pour en revenir au début, Julio Zafindratata ou Lôlô pour la scène, a failli jeter aux oubliettes la musique. Appartenant à la « génération Mars », il explique les difficultés des talents à se retrouver dans le milieu musical national. « A Madagascar, les talents ne manquent pas. A cause du matraquage, ces talents n’arriveront jamais à s’affirmer. Alors, j’ai préféré jeter l’éponge à cette époque ». Sans doute pour mieux rebondir.

En quelques mois, Kanna Jihe a réussi à engranger des centaines de fans. Tous ceux ou celles qui recherchent une musique travaillée, sans distinction de genre. Le rock-band a réussi à les rallier, avec toutes ces entrées pop-rock, ces riffs illuminés, une basse thrash, une batterie solidement rock… On attend impatiemment de voir le futur de Kanna Jihe, composé de Lôlô au chant, Rado à la basse et à la guitare solo, Princy Gérard en riffeur/arrangeur et un batteur membre d’un grand groupe capable de remplir par ouïe dire le Palais des Sports. L’alizé du Sud et la rage du rock de Kanna Jihe sont les bienvenus sur les latérites.

Maminirina Rado

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