Ils ont fait le buzz : La galère de la grande dame toujours souriante

La dame a été assistée par les riverains, elle s’est laissée dignement prendre en photo.

Seule la fiction peut proposer des histoires où la faiblesse de l’humain se prononce en un parcours de vie divertissant. Cette fois avec la grand–mère « qui attend sa pension à 20 h 30 » à Analamahitsy, faisant fi probablement du couvre–feu, diffusé hier sur « facebook » dépasse largement un drame de Francis Ford Coppola et Christopher Nolan réunis.

Tellement tragique, dans une société aux confluences asiatiques et africaines, mettant au sommet des valeurs les aînés, les parents, qu’une « mémée » soit laissée la nuit, dans le froid, attendre l’ouverture d’un bureau de paiement le lendemain. En Afrique, tout comme en Asie, les parents sont des rubis d’expériences, des donjons de la morale… Comme le suppose la culture malgache, les « masoandro amam–bolana », le soleil et la lune.

Une dualité retrouvée dans le yin et le yang. De la même façon que les symbolisations liées au cosmos, à l’environnement, sont l’apanage des africains. Et il faut aussi savoir que les Malgaches ont une vision universaliste, pour ne citer que la pierre. Un édifice symbolisant la pérennité, l’éternité. Il suffit d’aller sur la Route Nationale 1 pour découvrir la frontière d’antan d’Analamanga aux environs de Fenoarivo limitée par un genre d’obélisque plat et grisâtre. Datant probablement du XVIème siècle, cette pierre est encore restée comme on l’a érigée à l’époque.

Tout cela démontre l’attachement des Malgaches aux ainés. Par exemple, un receveur de bus s’adresse à une sexagénaire en l’appelant « Neny », « Bébé » ou « Mama ». Et souvent, celui–ci s’empresse de lui rendre la monnaie avant les autres. Ou s’il est pressé par la dame de la rendre, il se plie en boudant comme si sa propre mère le grondait.

Sur « facebook », les riverains se sont empressés d’emmener nourriture et couverture à la dame. Loin d’être une pitié condescendante, un acte de l’âme mais pas du cœur. Des milliers de « facebookers » ont rapidement réagi, les commentaires et les partages ont plu. Quand le peuple prend soin de lui-même, il est temps que certains se posent des questions sur leur mission. Et justement, la vieille dame le   leur rappelle en toute innocence.

Maminirina Rado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. C’est tellement vrai , la majorité pense au aînés pour faire bien, sur le terrain c’est tout autre, chacun pense à soi-même

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