Art contemporain : Madame Zo s’en est allée

Madame Zo lors du concours Paritana

Le tissage malagasy, elle lui a redoré son blason d’or. Elle, c’est Madame Zo. Cette grande figure de l’art contemporain a quitté la terre en laissant derrière elle ses précieuses œuvres.

La mort n’est rien… Ce qui n’est pas tolérable, c’est le tissage qui traverse la peau et le cœur. Furieusement optimiste, Madame Zo était « La tisserande ». Zoarinivo Razakaritrimo, a rejoint les étoiles lundi. Dans son domaine, elle était une pionnière. Grâce à son talent, elle a brillé dans le monde de l’art contemporain. Un monde qu’elle embrasse depuis plus de vingt ans à travers des expositions, des ateliers et des rencontres artistiques aussi bien à Madagascar qu’ailleurs. Aujourd’hui, ses tissages font partie des créations contemporaines malagasy les plus emblématiques de ces dernières années. Lauréate de la quatrième édition du Prix Paritana, ses œuvres ont trôné au Musée Quai Branly dernièrement.

Les hommages fusent sur les réseaux sociaux. « Madame Zo nous a toujours fait voyager : dans le temps, dans l’espace, dans les matières, à travers les objets. En partant de ces mètres-bandes magnétiques, aux guidons de bicyclettes, nous avons vu dans son atelier un véritable sanctuaire du tissage, un « matériauthèque » vraiment riche. Artiste engagée dans l’éco-récupération, elle était ferme dans sa position « rien ne se perd, tout devient beau ! », peut-on lire sur la page de la Fondation H. « Mais c‘est moi, me disait-elle avec ravissement quand on a fini d’accrocher le dernier carré. Nous avons imaginé ensemble cette installation-portrait retraçant ses années passées à tisser les matières. Je savais qu’elle détestait quand on se mêle de ses œuvres, de ses idées et de « ses rêves d’art », pourtant elle m’a laissé, par amitié, fabriquer ce qui allait devenir « notre rêve d’art » relate Rina Ralay-Ranaivo, son complice dans la préparation d’une de ses expositions à L’IFM Analakely.

Pour sa part, la Fondation H s’engage à conserver, à préserver et à mettre en valeur sa belle collection d’œuvres afin de lui rendre hommage et de continuer à promouvoir et à faire vivre son talent. Rien ne sera perdu ni oublié. Les projets, elle en avait tout plein, une résidence à Paris, des expositions à la cité internationale des arts, à Paris et à Madagascar. « Elle a réussi son pari, « nous tisser tous ». Pas sur une de ses œuvres, mais sur toutes les autres lignes : aujourd’hui, nous sommes tous réunis dans la tristesse de l’avoir perdue, mais aussi et surtout, dans la reconnaissance de son travail artistique fabuleux et du magnifique patrimoine qu’elle a laissé à son pays, un véritable trésor national. Nous lui serons toujours reconnaissants : pour sa simplicité dans les relations humaines, pour son honnêteté professionnelle, mais surtout pour sa façon singulière de nous faire rêver des horizons possibles dans lesquels elle pouvait nous entraîner », confient ceux qui ont travaillé avec elle dernièrement.

Recueillis par Zo Toniaina

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