Bande dessinée : Sortie du troisième tome de « Tangala »

Tout le talent et la rigueur de Fanday se retrouvent dans cette esquisse.
(crédits photos : Tojo Alain)

Le troisième volet de « Tangala », de Tojo Rabemanantsoa, ou Fanday pour les planches, un des meilleurs bédéistes du pays est sorti officiellement vendredi. Un événement dans le milieu de la bande dessinée malgache en ces temps difficiles. Ce troisième opus a donc pour titre « Et vint la colère ». Cette série s’attarde sur les événements entourant la révolte de 1947, quand les Malgaches voulaient sortir par les armes du joug raciste et colonial français. Œuvre historique et de drame familiale, le style de Tojo Rabemanantsoa est un éternel régal visuel.

Son travail lui a poussé à se documenter à travers des photos anciennes et authentiques. Afin  d’imprégner la force narrative incrustée dans chaque personnage. Tangala, titre éponyme, est d’ailleurs le personnage central de cette trilogie. Les traits du dessinateur dégagent cette puissance maîtrisée apportant toute la nervosité nécessaire à chaque bulle. Le sens du détail de Fanday, dans la composition du décor, suffit déjà à se convaincre de son talent. On a l’impression que chaque planche est une œuvre d’art. Malgré une coloration  un peu fade, ne rendant pas toute la force à l’histoire.

Tojo Rabemanantsoa, un des meilleurs bédéistes de la Grande Île.

Cependant, « Tangala, et vint la colère » permet à la bande dessinée malgache, surtout au dessinateur comme Tojo Rabemanantsoa, de poser sa signature dans le milieu assez conservateur du neuvième art. Fiction baignée dans une vérité historique de Madagascar, la narration est quelque peu téléphonée. Tiraillement identitaire, déchirement des sentiments, trahison à la série B. Les ingrédients jouent sur l’équilibre entre la relativisation du méchant autant que la pâleur des passions du bon. Et au final, d’après les deux premiers tomes, on a l’impression plutôt d’assister à une plaidoirie idéologique mal engagée. Un album à classer donc dans le pur loisir.

Tojo Rabemanantsoa est un bédéiste malgache très actif dans cet art depuis plus de vingt–cinq  ans. Après les petites galères du début, cela fait maintenant presque dix ans qu’il vogue sur le succès à l’international. Il a fait un passage remarqué au festival international de la bande dessinée d’Angoulême, où il a été accueilli comme une star. Son talent est plus que jamais confirmé grâce à ce tome 3 de « Tangala ». Les amateurs le retrouveront sûrement dans d’autres projets dans les années à venir.

Maminirina Rado

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Parler uniquement du dessinateur, certes très talentueux, sans dire un mot sur le scénariste ni cité l’éditeur est étonnant. De plus certains jugements, alors que l’album ,n’est même pas physiquement arrivé à Tana, notamment sur les couleurs « fades » (la coloriste est actuellement en discussion avec Marvel aux USA), ou sur « une plaidoirie idéologique de pur loisir » sont quelques peu péremptoires et prétentieux.
    S’il est tout à fait normal de mettre en avant le dessinateur c’est un peu réducteur d’oublier tout le reste, car une bande dessinée c’est un travail d’équipe.

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