Histoire : Tsialana II, le roi fidèle à la France


Le souverain Antakarana qui a traversé les époques.

La deuxième moitié du XIXe siècle est une période charnière pour les Antakarana. Formé par Kozobe au XVIIe siècle, le royaume Antakarana connaît une ascension vers la fin du XVIIIe siècle. Situé au Nord de Madagascar, le royaume avait des relations avec les étrangers à savoir, les Zanzibarites, les Arabes, et après les Français. Ces derniers, de peur que Madagascar ne tombe entre les mains des Britanniques, cherchent à séduire les souverains du Nord et du Nord-Ouest.

En octobre 1884, l’amiral Miot demande au roi Antakarana Tsialana II de fournir 2.000 guerriers pour prêter main-forte à la colonne française embarquée sur l’Allier et dirigée sur Vohémar. Le roi Antakarana donne le commandement sous les ordres du capitaine Bergeolle de l’infanterie de marine qui occupa Vohémar les 20 et 21 novembre, puis 190 hommes s’emparent du fort d’Ambanio le 27 et celui d’Andraparany à 30 kilomètres au Sud-Est de ce dernier le 4 décembre. Le combat fut dur, les soldats merina se défendent mais ils ont laissé 250 morts derrière eux, 5 canons et un butin. Après ce succès, Tsialana II et plusieurs notables sont appelés à Toamasina par l’amiral Miot qui les félicite et remet à l’Ampanjaka la médaille commémorative de Madagascar. le président de la République Sadi-Carnot lui a envoyé un sabre d’honneur que ses descendants conservent précieusement, ainsi que du roi Louis Philippe.

Ambilobe, la capitale Antakarana.

Les Antakarana aident encore les troupes françaises à occuper et garder le port de Diégo-Suarez, les Merina sont chassés de Namakia le 14 février 1885, et d’Antanamitarana le 11 mars. La guerre franco-merina prend fin avec le traité de paix signé à Tamatave le 17 décembre 1885, à bord de la Naïade par l’amiral Miot et le ministre plénipotentiaire Patrimonio du côté français, par le général anglais Willoughby au nom du « gouvernement merina ».

L’article 15 de ce traité stipule «  le gouvernement de la Reine s’engage expressément à traiter avec bienveillance les Sakalava et les Antakarana… toutefois le gouvernement de la République se réserve le droit d’occuper la baie de Diégo-Suarez et y faire des installations à sa convenance ». En 1894, le roi Tsialana II mobilise 150 hommes pour rejoindre à Marovoay, le corps expéditionnaire qui, parti à Mahajanga, devrait arriver à Antananarivo. Cette même année, le souverain Antakarana parti de Nosy Mitsio, avait attaqué le gouverneur Ratovelo, chef du poste d’Ambohimanarina à 30 kilomètres au sud d’Antsirano, sur les confins de son territoire à Tsarabikibany et l’avait obligé à battre en retraite jusqu’à Sadjoavato après lui avoir pris un canon et des fusils. Celui-ci pour se venger avec le restant de ses bandes ravagées par la basse Mahavavy.

Les Antakarana surpris à Betamboho, à côté d’Ambodibonara, partent dans les îles, laissant le champ libres aux envahisseurs qui mettent la région en coupe réglée, emmenant les troupeaux de 15.000 bovidés, incendiant les villages et les forêts, détruisant les cultures. C’est la dernière incursion merina. L’annexion de Madagascar le 06 août 1896 mit fin à toutes les difficultés et une longue ère de paix s’ouvre pour les habitants Antakarana.

En 1897, le lieutenant Chéneron, portant le titre de chancelier, vient administrer le secteur antakarana et invite le souverain à venir le rejoindre à Ambatoharanana où il fixa sa résidence.

Recueillis par Iss Heridiny

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