Patrimoine : L’« Antosy », mouvement des sentiments en danse


L’Antosy, une danse de couple mêlant élégance et sensualité.

En période de confinement, il est temps de découvrir la richesse culturelle malagasy à travers ses danses et ses pratiques musicales. L’« antosy », danse de séduction par excellence, fait partie de celles-ci.

La relation interne entre le versant oriental, des groupes humains Betsimisaraka et Sihanaka, et l’ouest malgache, des Tsimihety, se cristallise par la danse et genre musical « Antosy ». Que le « grand maître » Tianjama, monument du salegy malagasy, a porté comme un flambeau avec ses chansons.

Région de confluence, la Sofia, le berceau du groupe humain Tsimihety est traversé par la rivière Sofia. Cependant, ses voisins sont les Sakalava, les Antakarana et les Sihanaka. Groupe fort, les Sakalava ont laissé les traces d’un passé guerrier, tandis que les contacts avec les Antakarana et les Sihanaka ont été plutôt de l’ordre des échanges commerciaux et artistiques.

Cependant, l’Antosy est née bien plus tard, vers les années ’90 selon le chercheur Nombana Rasolofonirina, qui a consacré des recherches sur ce sujet. « La danse serait le résultat de plusieurs danses Tsimihety dont les plus importantes sont : le salegy, le baoejy et le sarebareba ». Sans oublier le « basesa » qui lui vient du groupe humain Betsimisaraka.

Le passé de cette danse/musique confirme que l’art est un vecteur de contact humain indéniable. Sous d’autres cieux, l’affirmation « la musique est langage universel », pourrait aussi être appropriée. Puisque l’antosy, défini comme une « danse de promenade et des figures acrobatiques », avec « des jeux de pieds », est toujours confondu avec le genre musical ternaire éponyme.

A y bien regarder, cette danse possède un brin de sensualité qui ne dit pas son nom. « Ses figures ressemblent à une parade d’amour pour que le jeune homme prouve sa force à protéger la jeune femme ». L’antosy se danse en couple mixte où la codification chorégraphique s’inspire des phases de séduction entre l’homme et la femme.

Pendant les joutes nocturnes, c’est lui qui tient le plus en endurance qui gagne la faveur des jouvencelles du village. Lien entre les générations, dans les coins les plus reculés, la musique est toujours jouée par un accordéoniste «d’âge mûr ».

Maminirina Rado

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