Histoire : Ambiance politique à Befandriana-Nord après la Seconde Guerre mondiale

Philibert Tsiranana était considéré comme l’homme fort de la première République était la fierté de la région Sofia.

Dans la société Tsimihety, les sojabe disposent un pouvoir important. La prise des décisions restent à leurs mains et aux hommes. Les colonisateurs s’appuient avec l’organisation traditionnelle pour faire passer les ordres. La colonisation provoque un grand changement dans cette société. La Seconde Guerre mondiale marque un grand tournant dans la vie politique malagasy. La liberté démocratique s’ouvre aux colonies et ces dernières disposent des représentants au niveau de l’Assemblée nationale française en 1945. Le gouvernement provisoire dirigé par De Gaulle est formé en France et appelle les Français et les colonies à élire leur représentant au Palais Bourbon en octobre 1945.

A Madagascar, le vote est encore réservé à une catégorie restreinte de la population. Le pays doit envoyer quatre députés, deux français et deux Malagasy. Entre novembre 1945 et 1946, Raseta Joseph est élu député sur le plan national. Toutefois, la tendance de vote dans le district de Befandriana-nord bascule vers les candidats Tsimihety. Le vote régional domine l’échiquier politique de cette localité jusqu’en juin 1946. Les manœuvres de l’administration continue pour faire passer les candidats du PADESM. La province est dotée d’une assemblée et dispose de plusieurs circonscriptions. Les arrestations à la veille des élections provinciales orientent les résultats des élections. En effet, les candidats du PADESM sont élus dans la circonscription de Befandriana. Le parti a remporté la majorité des sièges au niveau de l’assemblée provinciale de Majunga. Le nationalisme n’arrive plus à renforcer son influence dans ce district.

L’indépendance préoccupe les nationalistes, et les membres du PADESM s’intéressent également à l’indépendance de Madagascar mais de façon progressive. Menacée par la montée du mouvement nationaliste, l’administration coloniale fait tout pour barrer la montée de la route au nationalisme. Pour masquer ses manœuvres, elle élargit le corps électoral, qui profite à l’administration. Le MDRM fondé en février 1946 et le PADESM en juillet de la même année. Le PADESM est le premier adversaire politique des nationalistes. Ce parti mène des propagandes à base régionaliste. Le PADESM connaît une grande défaite aux élections en général causée par l’insuffisance des préparations techniques, politiques et l’inexpérience des dirigeants. Le PADESM est devenu le seul parti du pays, il remporte toutes les élections partielles et générales aux assemblées. A partir de ce moment- là, le parti domine l’échiquier politique malagasy. L’insurrection du 29 mars 1947 entraîne des conséquences, plusieurs personnes sont arrêtées malgré la non participation de la population de Befandriana-nord. Les victimes sont des nationalistes et des protestataires. En effet, le parti PADESM n’a plus d’adversaire potentiel et il devient le premier parti de Madagascar. L’adhésion dans ce parti est l’un des moyens pour participer à la vie politique dans ce district. Et plus tard après l’éclatement du PADESM, PSD son héritier domine la politique malagasy et de l’AKFM. Toutefois, le PSD reçoit une large audience à Befandriana-nord et ses environs. La liberté de vote est remise en cause après l’insurrection. Les résultats électoraux nous montrent toujours le succès des candidats de l’administration dans cette région.

Iss Heridiny

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