Danse : Chacha introduit la culture hip-hop dans la capitale du Salegy

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Le hip-hop est une culture qui s’est facilement implantée dans une ville tantôt traditionnelle, tantôt moderne comme Antsiranana. Ce brassage culturel donne une sorte d’originalité à la région. En effet, la chorégraphie des danseurs d’Antsiranana tire souvent son inspiration de la vie quotidienne et de la nature. Cette vie quotidienne, assez mouvementée et rythmée par les vagues de la plage de Ramena, soufflées par le varatraza. C’est là que Chacha, danseuse professionnelle, puise ses idées.

Chaminna Myria Sakina, alias Chacha, a commencé à danser à l’âge de 16 ans. Adepte de la culture hip-hop, le breakdance était une danse qui la fascinait. Elle adhère donc, en 2015, à un collectif de danse d’Antsiranana. C’est à cette période que Chacha se démarque en participant à plusieurs « battles ». Suite à sa participation à des compétitions, la jeune danseuse prend du niveau. La piste de danse ne suffit plus, elle participe à des stages et organise des ateliers. Sa passion pour la danse impressionne les organisateurs évènementiels, elle participe donc à de nombreux festivals.

En 2018, elle quitte sa ville d’origine et part pour la France grâce à l’association Hiphopnewschool qui lui a proposé une mission de service civique. Son séjour dans l’Hexagone lui a ouvert des portes dans plusieurs domaines comme l’organisation d’événements culturels ou encore la communication. À son retour de Bretagne en 2019, la jeune chorégraphe organise avec une association culturelle d’Antsiranana, Ankiogang 201, le premier festival de danse urbaine à Antsiranana. En voulant faire les choses par elle-même, Chacha a également créé une association socioculturelle et média avec son ami. « Madagascar regorge de véritables talents. La danse fait partie de notre culture, c’est notre pain quotidien. Un Malgache sur trois danse durant sa journée. A Diégo-Suarez le nombre de danseurs augmente depuis 2016. Ce ne sont pas les fans de danse urbaine qui manquent dans la ville », a-t-elle argumenté.

Diégo-Suarez, la ville où le salegy est la danse dominante, est cosmopolite dû au fait de la migration des Malgaches venant d’autres régions et des immigrés d’autres pays comme les Comoriens, les Yéménites, les Réunionnais, et les Djiboutiens. Consciente de cette diversité, qui est une richesse, Chacha a réussi à gagner le cœur des autres habitants en tentant d’installer la culture et l’amour du hip-hop. Certes, le rap inondait déjà les ondes radio de la capitale de la région Diana vers la fin les années 1990, mais il était timidement diffusé, d’autant plus que la culture hip-hop était peu appréciée par les parents de l’époque. Cette culture, venant de l’autre côté de l’Atlantique, est arrivée à son apogée dans les années 2000 et connaît une chute depuis les années 2010 dans la région septentrionale de la Grande-île. « Le hip-hop est mort », disait-on. La nouvelle génération a pris un autre chemin, ne passant pas par cette culture en déclin dans le pays. Si la culture hip-hop était autrefois un passage obligé pour démarrer sa carrière, elle est désormais devenue une « culture figée. ». Chacha n’est pas de cet avis. La danseuse  n’a pas choisi la musique pour prouver son amour pour le hip-hop, mais elle est convaincue que la danse est pratiquée quotidiennement par les jeunes. Ainsi, Chacha donne des cours à ces derniers afin qu’ils puissent évoluer.

Le hip-hop a fleuri sur des pratiques populaires existantes ; il s’inscrit dans une histoire de musiques, de danses et de technologies avec des racines africaines, américaines, jamaïcaines et fêtes urbaines. Pourtant, il est quasiment unanimement confiné dans la définition du mot «banlieue», et ses créateurs eux-mêmes méconnaissent parfois les formes artistiques du passé. L’intérêt complémentaire pour le mouvement hip-hop et ses manifestations artistiques réside dans la revendication de la rue. Cependant, le terme « cultures urbaines» qui lui est attribué, s’il offre l’avantage d’être commode, est peu satisfaisant.

Iss Heridiny

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