Théophile Pennequin : Le « pacificateur » ignoré

Esquisse artistique de l’Ile de Nosy-Be en 1883

Un bref séjour en France, une nomination au grade de capitaine et Théophile Pennequin fut affecté à Madagascar, Nosy-Be puis Diego-Suarez. Il fut chargé en 1883 de créer une compagnie de tirailleurs mixtes, comoriens, zanzibarites et malgaches qui prendront le nom de « casques noirs ». Cette unité combattit l’armée hova pendant la première guerre franco-malgache. Son activité lui valut la croix de chevalier de la Légion d’honneur. De nouveau, il fut opposé à l’armée merina commandée par le Britannique Shervington lors du combat d’Andampy où il les défait le 27 août 1885. Ce qui lui vaut d’être promu officier de la Légion d’honneur. Il acquit une grande renommée pour ses actions mais aussi pour son non-conformisme

Théophile Pennequin, né le 25 décembre 1849 à Toulon de Henri Jean Charles Pennequin et de Marie Anayse Louise Gasquet, fit des études dans sa ville de naissance avant d’intégrer Saint-Cyr, en 1868, dans la promotion « Suez ». Il intégra le 4e régiment d’infanterie de la marine, rejoignait le Camp de Châlons avant de combattre à Mouzon, Douzy et Bazeilles pendant la guerre de 1870. Il fut emmené en captivité en Allemagne pour être libéré en avril 1871. Il servit ensuite à Toulon puis à Cayenne avant de partir avec le bataillon du 4e RIMA, en 1877, qui servait en Cochinchine. En 1879, il commandait une compagnie du régiment de tirailleurs annamites de Ben Tré.

Nommé chef de bataillon, il était chargé, en 1888, par le général Charles Bégin de pacifier la haute région de la Rivière Noire et du pays muong, d’assister Auguste Pavie lors de son séjour en pays Taï. Pavie étant vice-consul à Luang Prabang. Ils se rencontrèrent en août 1888 à Vĩnh Yên du district éponyme. La région était parcourue par les bandes des Pavillons noirs, des Pavillons jaunes et de soldats chinois non soldés et surtout, les principaux dirigeants du mouvement national vietnamien autour de la personnalité du régent Tôn Thất Thuyết. Pavie et Pennequin, après moult tergiversations, parviennent à un accord avec Đèo Văn Tri pour le retour des soldats en Chine, à la reddition pacifique des Siamois du général Phya Surrisak retiré dans la citadelle de Muong Theng. En décembre 1888 Pavie et Pennequin se séparent.

Lâché par tous, son projet est enterré par le Comité Consultatif de Défense des Colonies, arguant que « l’évolution militaire d’un peuple ne peut que suivre son évolution politique et sociale et non la devancer ». Il quitte son commandement le 5 février 1913 et n’obtenant pas d’affectation propre à son rang, demande sa mise en deuxième section et devenant le seul général de la coloniale à partir en retraite avant la limite d’âge. Il se propose, le jour de la mobilisation générale, le 2 août 1914 mais ne reçoit pas de réponse. Il fut auditionné par les députés Massé et Bernard. Paul Doumergue insista ensuite pour hâter le recrutement en Indochine. Ce n’est qu’en 1915 que Pennequin, brisé dans sa carrière, cherche à revenir dans la partie en proposant d’employer 170 000 Vietnamiens et hommes des minorités de la Haute-Région tonkinoise pour servir en métropole dans le cadre de la mobilisation générale des forces vives de l’Empire. La santé de Théophile Pennequin déclinait, il décède en juin 1916 à l’hôpital de Toulon.

Recueillis par Iss Heridiny

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