Cinépax : Haingosoa projeté à Madagascar pour la première fois

Cinépax projettera “Haingosoa” le 6 novembre prochain. Ce film, qui a récemment reçu le prix du meilleur film du festival international de Harlem, réunit plusieurs générations de compositeurs et de musiciens malgaches. Remanindry, père d’Haingo, incarne la musique de l’Androy, région aride du Sud de l’île, tandis que la Compagnie Randria Ernest de Tananarive représente à sa façon la danse et la musique des hautes terres d’aujourd’hui. Dadagaby, l’un des compositeurs du film, est, quant à lui, un monument de la musique malgache. Il est l’auteur d’une dizaines de chansons connues de tous les Malgaches telles que Ny Voninavoko, Mananjary ou Iza Ireo. Décédé en 2018, pendant le tournage, il a été pour Édouard Joubeaud ,pendant plus de dix ans, une source intarissable d’émerveillement, d’inspiration et de poésie – le film lui est d’ailleurs dédié.

En 2010, en mission à Tuléar, dans le Sud de Madagascar, le réalisateur rencontre la famille de Remanindry, musicien tandroy de renommée internationale. « Je suis ébloui par le charisme de ce patriarche, par son univers et sa famille aussi talentueuse que soudée. Je suis également intrigué par Haingo, sa fille cadette, jeune adolescente au regard furtif. Au fil des ans, j’apprends à mieux connaître Haingo, que je découvre, en 2015 alors qu’elle a 20 ans, mère d’une toute jeune enfant : Marina. La veille de mon départ, elle me révèle sa fêlure intime : l’épreuve d’être tombée enceinte à 16 ans, la frustration de ne pas parvenir à payer la scolarité de sa fille et surtout, l’humiliation d’avoir été rejetée par le père de Marina, son fiancé d’alors, aux touts premiers mois de sa grossesse. Je l’écoute, tente de la comprendre et lui propose d’en faire le point de départ d’un film, film qui serait le nôtre. L’histoire d’une revanche sur la vie, un moyen d’envisager d’autres horizons. Il s’agit donc d’une fiction qui prend sa source dans le quotidien de cette fille-mère, dans son désir de s’émanciper d’un passé douloureux et de regagner ainsi sa fierté perdue », explique le réalisateur Dimitri Joubeaud.

La première partie du film est tournée à Tuléar, ville du Sud de Madagascar. Elle constitue l’exposition du film et relate le quotidien de Haingo : sa famille, ses difficultés personnelles, l’atmosphère de la ville. La seconde partie du film se déroule dans la capitale malgache. Elle met en scène les risques que prend Haingo pour s’émanciper, la trame fictionnelle à travers laquelle elle cherche à renaître. Cette trame s’appuie bien entendu sur la réalité socioculturelle du pays mais se nourrit surtout de fiction : c’est là que l’histoire se déploie. Le film joue donc volontairement avec le réel, pour donner de l’authenticité au récit et pour plonger dans l’univers d’individus dont l’histoire est finalement assez universelle.

Le film prend ses racines dans la réalité et se déploie ensuite dans la fiction.

Recueillis par Iss Heridiny

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