Herin’andron’ ny Havatsa-Upem : L’histoire de la littérature malgache à travers l’exposition au Tahala Rarihasina

les visiteurs lors de l’exposition au TaHala Rarihasina

Hier à 11 heures au Tahala Rarihasina, l’exposition « Herindron’ny Havatsa » a été officiellement ouverte. Les photos accrochées au mur de ce centre culturel retracent une partie de l’histoire de la littérature malgache. 

Durant le XXe siècle, la littérature malgache a connu un essor, bien que les passionnés de cette discipline furent peu nombreux, la plupart faisant partie des élites malgaches, comme celles d’Antananarivo.  La lutte anticoloniale et l’amour de la patrie étaient les thèmes les plus répandus dans les années 1920 à 1945. Muselés et arrêtés, les écrivains malgaches rencontrèrent des difficultés pour faire passer leurs messages. Mais après la Deuxième Guerre mondiale, un vent de changement souffla dans les colonies. Des changements opérérés sur le plan politique mais également le plan culturel. Les écrivains gagnent en liberté d’expression. Dès lors, en septembre 1952, unis par l’amour de la littérature, quinze écrivains fondèrent  l’Union des Poètes et Ecrivains malgaches. Une décennie plus tard, apparaît une littérature profondément marquée par l’indépendance que connaît la Grande-Ile, la littérature malgache s’épanouit enfin. Mais celle-ci change de visage au début de l’année 1970. Une littérature lourde et engagée de désillusion, face à la dictature du régime de la deuxième République émerge. Elle reste cependant effacée face à l’administration de l’époque, qui était dirigée d’une main de fer.

Plus tard au début des années 1990, c’est une nouvelle génération qui prend la relève. La chute du mur de Berlin et certaines idées occidentales influencent les hommes de lettres malgaches. Les passionnées de la littérature s’inspirent d’écrivains, libres penseurs, qui se questionnent sur leur identité.

Les écrivains se rajeunissent. Lorsqu’on demande à un citoyen lambda, à quoi ressemble un écrivain, il s’imagine un homme avec un front dégarni et au visage ridé. Mais cette description n’est plus à jour, au début des années 2000, les poètes sont de plus en plus jeunes. La génération née entre 1970 et 1980 surgit et la poésie malgache revêt une autre figure. Dès lors, elle attire la masse populaire d’autant plus que le taux de scolarisation augmente dans les années 1990.  Les expressions utilisées deviennent plus compréhensibles et le langage familier est employé dans leurs vers. Dès le début de l’année 2000, les poètes au langage formel voient leur popularité chuter, au profit des poètes de la rue. L’art urbain gagne du terrain et le cœur des adolescents. Les livres sont remplacés par des tablettes. Les jeunes s’intéressent à l’audio-visuel. L’ère de l’ouvrage physique est révolu. Les cybers se remplissent pendant que les livres des bibliothèques se couvrent de poussière. Les jeunes plumes trouvent des alternatives, ils publient leurs œuvres sur les réseaux sociaux. On assiste au début de la littérature numérique, cette littérature qui a suscité bien des réticences et en suscite encore parfois.

 Les « parlers » influencent.  Si dans les années 1970 à 1990, le tenim-paritra, ne figurait que très peu dans les livres, il est à présent utilisé par de nombreux auteurs. Cela est dû à l’adhésion de plusieurs écrivains, venant des provinces, dans l’association de l’Union des Poètes et Ecrivains Malgaches. « Nous avons des centaines de membres dans différentes régions de Madagascar », a déclaré la présidente de L’Havatsa-Upem. La diversité est une richesse. Les parlers régionaux séduisent les habitants de la capitale. Désormais, les dialectes Sakalava, Antakarana, Tsimihety et autres sont plébiscités. Les jeunes plumes comme Marovelona Itsipika ou encore Momo Jaomanonga sont lus.

Après 68 ans d’existence, Havatsa-Upem aura traversé les époques. L’association a été témoin de l’histoire du pays et, celle de la littérature malgache en particulier.

Iss Heridiny 

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