Art de vivre: Baholy Sarah – Horticultrice professionnelle chez Rianala

Le stand de Rianala, la maison horticultrice au salon des jardins à l’Aft Andavamamba
Le stand de Rianala, la maison horticultrice au salon des jardins à l’Aft Andavamamba

Le salon des Jardins, du 29 au 31 octobre, de l’alliance française d’Antananarivo à Andavamamba a été l’occasion pour Rianala, une maison horticultrice, de partager sa passion pour les plantes et les fleurs. Le temps de poser quelques questions à Baholy Sarah de Rianala, elle parle de son parcours et de ce métier, rassemblant des milliers de passionnés en une communauté de Madagascar jusqu’à l’étranger.

Comment vous a été transmise cette passion pour l’horticulture ?  

Mon grand père habitait à Ambohitrimanjaka, au tout début il était spécialiste de la greffe des fruits. Plus tard, il a pu en réaliser avec des fleurs, c’était dans les années  70. Avec une seule pêche, il pouvait en obtenir dix variétés. Ces nèfles du japon ou « bibasse » atteignaient quatre fois la taille de ce que nous achetons au marché. En en mangeant trois ou quatre, on était complètement rassasié. Et   elles étaient très juteuses. Aujourd’hui, personne n’a pris le relais. Je me souviens, pour le cadeau de mariage de ma mère, il lui a offert une rose,  dont la couleur changeait à chaque saison. Si elle était rouge l’hiver, elle se changeait en violet l’été ensuite en jaune, et ainsi de suite. Nous l’avions surnommé la « Rose magique ».

Baholy Sarah, une passionnée des plantes et des fleurs
Baholy Sarah, une passionnée des plantes et des fleurs

Donc, vous avez repris le flambeau…

Parce qu’il nous a appris à entretenir les plantes et les fleurs durant notre enfance. Plus tard, c’est alors devenu ma passion.

Vous dites « mitaiza », d’habitude ce mot malgache fait tout de suit penser à « élever un enfant »…

C’est en entretenant la fleur que la passion grandit. Mais, au début, j’ai détruit beaucoup de plantes. Mon grand-père nous a appris petit à petit. Et j’ai fini par avoir mes propres plantes. Notre initiation a commencé par ses propres plantes. Il nous a initiés à partir de petites choses, nous nous sommes exercés sur des fleurs sauvages surtout. Plus tard, j’ai réussi à diversifier les couleurs des fleurs dans un pot. Depuis cinq ans, j’ai été plutôt attirée par la beauté des plantes grasses. De plus, elles ne demandent pas beaucoup de temps. Elles grandissent presque seules, il faut juste les arroser une fois par semaine.

Qu’est ce qui fait la particularité des plantes grasses ?

Plus on y fait des coupes, plus elles grandissent et deviennent belles.  Quand vous commencez à maîtriser les techniques, les premières plantes que vous avez dans votre jardin se reproduisent. J’ai décidé de parler à d’autres passionnés, j’ai pu enrichir mes variétés. En fait, c’est un « réseau » ici. Jusqu’à l’étranger. Moi, par exemple, j’ai acheté des graines à une personne à l’étranger, à cause de la situation sanitaire il n’y a pas de vols et elles ne sont pas encore arrivées.

Quelle sont les plantes venues de l’étranger que vous plantez ?

Il y a l’echeveria et la crassula, il y a lithops, mais celle–ci n’est pas encore bien introduite chez les horticulteurs malgaches. Elle ressemble à de la pierre, pourtant c’est une plante. Alors, il faut encore apprendre à l’apprécier. Seuls les connaisseurs connaissent sa valeur.

A part l’aspect décoratif, est ce que les plantes ont d’autres vertus ?

Oui, la plupart des plantes ont des vertus. Par exemple, le Kalanchoe, les gens ont l’habitude de le déraciner puisqu’il est extrêmement envahissant. Cela n’est pas trop apprécié. Pourtant, il a une vertu amincissante. Avec des résultats plus rapides que les massages et les régimes. Il suffit d’en faire un cataplasme sur le ventre et il fait naturellement le reste du travail. Physiologiquement, il est assez moche à voir mais souvenez-vous qu’il possède une vertu qui n’est pas visible. Comme le curcuma par exemple, avec lequel nous faisons du savon. Le curcuma s’utilise dans la cuisine, ou pour les personnes cancéreuses. Mais il a aussi un effet anti-ride, stimulant pour la peau et aphrodisiaque. C’est vrai que la culture asiatique est déjà très avancée dans le domaine, mais nos ancêtres ont connaissaient depuis longtemps les vertus des plantes. Par exemple, le « Fela-tanantsifaona » est une plante qui apporte la chance financière. Comme le petit baobab, ou « arbre de jade », il apporte le bien à une maison ou une propriété qui le possède. Ils n’ont pas besoin d’être très entretenus. Beaucoup ne le savent pas, l’arbre de jade est un cicatrisant, les personnes souffrant d’hypertension peuvent en consommer sans apport d’autres médicaments. C’est désolant mais des personnes n’hésitent pas à les abattre par méconnaissance.         

Est-ce que votre passion impacte votre personnalité ?

Quand vous voyez votre plante fleurir, vous n’avez plus le temps d’être en colère. C’est reposant, pour les personnes très fatiguées. Voilà pourquoi, c’est une passion addictive.

Comment se porte le marché des plantes et des fleurs actuellement ?

Le prix d’une plante peut atteindre un million, voire deux millions d’ariary. Mais à cause du confinement, bon nombre d’horticulteurs ont du brader leurs plantes. Parce qu’il faut manger.

Maminirina Rado

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