Sillon du passé : L’Imerina : d’une petite contrée à un Royaume

Le grand marché hebdomadaire de Tananarive, le Zoma.

Pour comprendre la ville d’Antananarivo de nos jours, il faut remonter à l’histoire d’un processus d’urbanisation de la colline d’Analamanga, du temps des souverains de l’Imerina notamment d’Andrianjaka et celui d’Andrianampoinimerina. D’une « montagne clairsemée », la ville des mille devient un royaume florissant au XIX siècle.

La transformation de la ville des mille, une  petite contrée en un véritable centre urbain, remonte quelques siècles avant, sous le règne d’Andrianjaka, un souverain du royaume Merina. Depuis le XVIIe siècle, l’Imerina  détient un rôle de premier plan dans les domaines politique, économique, religieux et surtout militaire. En effet,  l’ancienne cité “Vazimba” prend une nouvelle appellation Antananarivo, « la cité des mille guerriers ». Ce toponyme démontre  la force de la cité par le nombre de ses habitants depuis le règne d’Andrianjaka. Cependant, à la fin du XVIIIe siècle, Antananarivo accède à son statut de chef-lieu du territoire de l’Imerina, grâce aux œuvres du  souverain Andrianampoinimerina ayant entrepris l’extension de son royaume depuis une petite contrée, située au Nord, Ambohimanga.

À partir de la première moitié du XIXe Siècle, la formation de la ville d’Antananarivo est basée sur l’extension du royaume et sur l’ancrage territorial du pouvoir. Selon l’historien Harimino Elisée Asinome,  « la transformation de la morphologie urbaine dans les principales villes à Madagascar, surtout à Antananarivo, est plus qu’accentuée avec l’expansion du christianisme. Les constructions des églises et des symboliques religieuses activent la métamorphose du chef-lieu merina ». De ce constat, c’est au cours du XIXe siècle que la colline d’Analamanga s’urbanise de plus en plus grâce à l’implantation des édifices religieux et des habitations des illustres familles de l’époque.

Andrianampoinimerina est aussi connu pour son sens de l’organisation en matière d’économie. Les activités commerciales sont fixées les vendredis, jours du marché, sur la place d’Andohalo où les paysans environnants de la région affluent pour vendre ou acheter des produits. Ces dispositifs montrent que le contrôle du royaume nécessite un aménagement de l’espace.

Andrianampoinimerina a ouvert l’Imerina sur le reste de la Grande Île, mais son fils Radama Ier (1810 – 1827) donne surtout un coup d’envoi pour faciliter l’introduction des étrangers, surtout les Européens, sur le territoire merina. Leur présence marque la transformation du paysage de l’enceinte du rova et de nombreux quartiers des collines d’Antananarivo. Les étrangers concourent

effectivement au changement du paysage urbain de la ville. Ils apportent leur savoir-faire en matière de bien immobilier et d’aménagement urbain. Leur assistance permet à la cour de disposer de cadres de vie modernes, largement calqués sur ceux de la monarchie anglaise.

Les souverains merina successifs ont pu profiter de la présence des missionnaires européens pour les travaux de constructions des habitations, des ouvrages d’urbanisme et des chaussées. Cependant, dans le modèle d’urbanisme de cette période des royaumes de Madagascar, le symbolisme religieux est souvent mis en avant.

Recueillis par Iss Heridiny

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. bonjour.
    Article très intéressant complémentaire de celui consacré à « Antsahatsiroa : un quartier témoin de l’Histoire ».

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