Récap’ 2020 : année du 2.0 et des défis artistiques

Les festivals (ici Madajazzcar 2019) pourront espérer une année 2021 plus clémente

Exercice impossible de dresser un bilan radieux de l’année artistique 2020. De mars à octobre, la période de confinement, se situent les mois les plus festifs et animés dans le calendrier saisonnier des Malgaches. Ce sont les mois des récoltes, des rassemblements traditionnels, des concerts en plein air… Après cinq mois de crise sanitaire, les brides sont lâchées petit à petit. Les mesures sont maintenant plus permissives. A force, des disciplines, des groupes, des artistes et des organisateurs ont toujours cherché le moyen de ne pas sombrer au plus fort du confinement. Voici un « récap’ », non exhaustive, des bons et des moins bons de l’année artistique 2020.

Le grand gagnant : les réseaux sociaux. La vague est partie des Etats-Unis, terre de naissance de l’industrie musicale : celle des concerts en ligne. Que ce soit à New York, à Londres, à Tokyo, à Marrakech, à Oakland, à Bucarest, à Buenos Aires… les artistes, pour ne pas se faire oublier de leurs fans et ne pas se faire oublier tout court, ont beaucoup misé sur les réseaux sociaux pour pouvoir rebondir vers leur public. Madagascar a suivi la déferlante et beaucoup d’artistes et groupes s’y sont essayés. Kiaka, Da Hopp, Shyn, etc… L’Ifm Analakely qui a programmé D’Gary, Olo Blaky… pour des live en ligne. Divisant un tant soit peu la communauté des artistes. Entre ceux et celles qui prônent le schéma traditionnel de l’art vivant et ceux et celles qui préfèrent explorer de nouvelles pistes. L’avenir dira si cette nouvelle approche « web » de la scène aura encore son privilège si un jour les choses reviennent à la normale.

Koloina Andriamanantsoa, la seule malgache ayant gagné le zebu d’or aux RFC 2020.

Une année morose pour les festivals. Trois festivals majeurs ont finalement pu se tenir cette année. Madajazzcar (1er au 4 octobre), Rencontres du film court (20 au 28 novembre), Slam national (26 novembre au 5 décembre). Le premier a été écourté à cinq jours d’activités si, d’habitude, il gâtait la capitale et les autres régions de deux semaines de jazz et de podiums. Le second a pu se tenir tant bien que mal, la participation internationale a été au rendez-vous. Cependant, quelques voix ont soulevé l’impact de la Covid–19 sur la qualité cinématographique de cette édition 2020. Tant que le mât tient encore : c’est sans doute le point important pour les cinéphiles malgaches. Le Slam national a été le festival le plus libéré cette année. Présence d’invités de marque internationaux, participations inchangées des autres régions, intérêts de la jeunesse… ce festival a été à la hauteur des éditions précédentes sans crise sanitaire. Les « Angaredona », « Somarôho », « Donia » et autres festivals régionaux ont été annulés.

La ville qui se réveille : Antsirabe. Depuis 2019, Antsirabe défie Antananarivo en termes de vie nocturne. En presque deux ans, pas moins de cinq lounges, cabaret… y ont vu le jour. Bref, tout ce qui peut accueillir buveurs/buveuses et concerts mémorables. Sans la crise sanitaire, avec le traditionnel « Lundi de Pâques » dans la ville d’Eaux, cela aurait été un pari gagné. Des lieux comme Sanfil Bar illuminent la ville en invitant des pointures comme Rija Ramanantoanina, Olombelo Ricky et d’autres encore. Si le centre-ville semble maintenant bien animé, les quartiers en périphérie commencent aussi à s’activer avec des bars-karaokés de renom, pour les moins dépensiers. Pour ceux ou celles qui ont assez de moyens financiers pour s’amuser dans la cour des personnes branchées et des touristes, ces nouveaux cabarets et « pubs » les accueilleront la caisse grande ouverte.

Maminirina Rado

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