Album : « Tsara joro » en soul, identitaire de Denise

Le bébé de Denise, « Tsara joro », présenté officiellement samedi comme il se doit à Antananarivo.

Avec son nouvel album « Tsara joro », présenté publiquement ce week-end, Denise confirme son statut de grande diva de la chanson malgache. Le flambeau est bien maintenu.

13 titres, dont un en featuring avec Jaojoby Eusèbe sur « Tsara tsara », l’étoffe du nouveau disque « Tsara joro » de Denise, présenté samedi au Tana Hotel Antaninarenina, dégage la classe, l’intelligence et le talent. Un talent digne d’une superstar internationale. Et malgré ce statut, un opus doté d’un caractère malgache bien trempé. Ce ne sera pas le morceau « Tsara joro », largement diffusé il y a quelques jours sur les réseaux sociaux et les médias conventionnels, qui en fera douter.

Une métaphore sonore. Un bain de sensualité et de féminité. « Tsara joro » parle de voyage, d’éloignement, de quête, de bénédiction. Rappelant ce que la majeure partie des malgaches a oublié de sa nature commune : un peuple de la mer, grand marin ayant dompté les océans. Et surtout une sacralité séculaire. Denise les comprime parfaitement dans cette chanson. Sans doute pas le tube tant attendu face à la pointure des « Azafady », « Mama », « Mitoera », « All eyes on me » etc, les autres titres de l’album. Par contre, une signature identitaire à saluer.

Il faut aussi saluer la prouesse de cette petite dame à l’élégance indéniable. Sortir un album en cette période de post-confinement aurait fait reculer les plus téméraires. Voilà pourquoi Denise semble évoquer le produit comme un aboutissement. « Cet album est mon bébé », a-t-elle tenu à mettre en lumière samedi, songeant probablement à tout le parcours pour y arriver. La diva, pétillante comme jamais, se présente ainsi en chef de file de la nouvelle vague dans la lignée des références du chant féminin malgache : Mama Bako, Tata Rahely, Poopy, Bodo…

Dans leur ensemble, les treize titres de « Tsara tsara » revêtent la tradition sonore de la moule « tamatavienne » en matière de musique urbaine. Des lignes acoustiques dans les recoins, une rythmique presque discrète, une mélodie à l’essence nostalgique et aérienne. L’arrangement millimétré et jamais figé, avec les bribes sonores, à quelques pas du glitchcore, utilisées dans les transitions. Ce qui dégage, au final, toute la modernité de « Tsara joro ». La formule tient encore la route.

Maminirina Rado

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