Befandriana-nord : Au pays des sojabe francophiles

Un district « bien aimé » de la France !

Village perdu pour les uns, endroit enclavé pour les autres, Befandriana-nord est une ville historique riche en culture, située dans la province de Majunga, au Nord, il y a les rivières Anjingo, Andahony et la chaîne de montagne de Bevalala qui le séparent des districts d’Antsohihy et Bealanana, Befandriana – Avaratra abrite des gardiens de la tradition tsimihety.

Pendant la colonisation, elle était le grenier de la région Sofia. Ainsi, elle accueille des migrants venant des autres régions, ce qui engendre un gonflement de la population dans les années 1940. Dès lors, Befandriana devient le centre d’intérêt des colonisateurs puisque le district attire également des colons étrangers à cause de la diversité des produits agricoles de la région, puisqu’y sont cultivés le riz, le manioc, le café, la patate, la pomme de terre, l’arachide, le haricot, la canne à sucre, le raphia, le paka, le kapok et le cire.

Les olobe, porte-paroles de la France. La liberté démocratique octroyée par l’administration coloniale donne naissance à des idéologies différentes qui soient contre ou pour la présence française à Madagascar. Elle engendre aussi la création des partis politiques à partir de 1946. En effet, des groupes se sont également formés pour soutenir la présence française dans le pays. Ainsi, la formation des partis politiques entraîne un clivage entre la population malgache. Le cas de Befandriana-nord ne fait pas exception.

Les raisons qui poussent ces groupes de population à accepter ce régime sont différentes. Les uns considèrent les avantages qu’ils tirent de cette administration, protégeant leurs intérêts. « Ils veulent garder leur statut en tant que dirigeants de la société », affirme un historien spécialiste de la région. Les sojabe sont des grands hommes aux yeux de la population. Cette fonction est réservée aux familles aisées. Pour garder leur prestige, ils ne cachent pas leurs sentiments d’attachement à la France, la « mère Patrie ». Ces notables bénéficiaient de certains avantages accordés par le système colonial.

Sous un autre angle, ceci est une stratégie des colonisateurs pour asseoir leur autorité. On dresse les ruraux contre les citadins, les côtiers contre les arrières terres pour bien avoir une domination complète et pour mieux asseoir son pouvoir. La France a toujours inculqué dans l’esprit de ces colonies la question de race et d’ethnie pour que les indigènes ne puissent pas se réunir contre elle.

Les colonisateurs s’appuient avec l’organisation traditionnelle pour faire passer les ordres. Ce qui engendre changement dans la société Tsimihety.

Iss Heridiny

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