Peinture : Hemerson rapporte 40 ans de collecte d’images

Comme prévu, Hemerson Andrianetrazafy n’a pas manqué son rendez-vous avec les passionnés de peinture au musée de la photographie à Anjohy, malgré les tensions sociales qui ont régné dans la capitale le samedi 20 février 2021. L’artiste-enseignant y a exposé les fruits de ses recherches sur l’évolution de la peinture malgache du début du 19ème siècle à nos jours.

En deux heures et quelques, l’historien de l’art a mis en lumière toutes les écoles et les courants ayant existé dans la Grande île. Il a notamment parlé de l’introduction de la peinture à Madagascar à l’époque du Roi Radama 1er grâce aux portraits des petits frères de ce dernier, Ratafika et Rahova. Selon les explications d’Hemerson, la tradition malgache de l’époque n’accordait aucune importance à la peinture en tant que représentation figurative, nos ancêtres voyaient en l’être humain l’expression de la complétude et n’a nullement besoin d’une duplication. C’est pour cette raison qu’on ne retrouvait à Madagascar que des représentations à travers des motifs géométriques, avant l’introduction de la peinture par les occidentaux.

Les écoles. Durant son panorama, Hemerson a fait découvrir la première école de peinture, la FFMA sise à Ambohijatovo et fondée par William Johnson (1842-1895). La première génération de peintres malgaches est issue de cette école : James Rainimaharosoa, Rajesy, Razafintseheno, Raoelina et une dizaine d’autres. Dans sa présentation, Hemerson progresse de manière chronologique dans l’histoire de la peinture malgache en expliquant les styles, les écoles, les peintres et surtout leurs œuvres. Bien évidemment, en deux heures, il aurait été impossible de parler de tout le monde ; aussi, l’expert n’a-t-il mis en exergue que les peintres qui ont, selon lui, formé les grandes lignes de l’histoire. Mais au-delà des peintres et de leurs œuvres, l’historien a également pris la peine de contextualiser cette histoire en évoquant les courants de pensées, la situation politique, sociale et culturelle pour chaque période. Ce panorama de la peinture malgache a, par exemple, permis de donner une explication sur l’omniprésence des charrettes sur les tableaux populaires, de s’interroger sur l’absence de figures coloniales dans les œuvres du 19ème siècle, de comprendre que certaines représentations des rois et reines de l’époque sont des œuvres fictives, ou encore d’interpréter les motivations des artistes plasticiens à se tourner vers l’art abstrait et contemporain dans les années 90.

Le temps a manqué pour s’étendre sur le sujet, d’autant plus que les routes de la capitale étaient fermées à la circulation. Ceci dit, Hemerson a promis à l’assistance qu’il reste ouvert aux échanges et à la discussion avec toutes les personnes qui s’intéressent de près ou de loin à la peinture malgache. L’objectif étant de faire connaître l’histoire et surtout de la chercher ensemble parce qu’une grande partie reste encore à découvrir.

Anja RANDRIAMAHEFA

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