Meva Sanjy : Entre mode et militantisme culturel

Comme tous les pays du continent noir, Madagascar a un passé colonial imposant sur les critères de beauté. Mais des renversements se sont produits à partir des années 1970, parallèlement aux mouvements d’affirmation politique et culturelle malgaches qui ont revalorisé les vêtements made in Madagascar et les coiffures.

Au début des années 2000, avec l’expansion de Madagascar dans le monde, bon nombre de stylistes malgaches ont eu l’opportunité d’apporter une partie de leur culture à l’étranger en créant leurs propres collections, dont une grande majorité mélangeait des imprimés malgaches et des dessins occidentaux. Si Antananarivo était la ville de référence de la mode dans la Grande île, à présent, de nombreux stylistes venant d’autres régions sortent du lot. La diversité de la culture à Madagascar fait que beaucoup de stylistes se démarquent selon leur provenance. Jean Rodriguez Rakotomamonjy fait partie de la nouvelle génération de créateurs originaire de la partie Nord-Est de l’île rouge. Cet entrepreneur de 33 ans est un militant culturel de première heure et c’est dans cette optique qu’il fonde sa société, Meva Sanjy. Après 3 ans d’existence, la marque élargit sa gamme de produits avec deux nouveaux produits : Fanilo et Ondana, conçus pour la décoration d’intérieur.

Meva Sanjy est connue du public grâce à ses créations vestimentaires entièrement faites à partir de lambahoany. Le choix d’utiliser cette matière pour la création est patriotique d’après le fondateur, car derrière chaque produit, il y a une volonté de mettre à l’honneur Madagascar et la main-d’œuvre locale. « Beaucoup de personnalités malgaches sont conscientes du potentiel de l’artisanat local tant au niveau national qu’international », a expliqué Jean Rodriguez Rakotomamonjy.

Depuis un an, la mode rencontre des difficultés, notamment en raison de la crise sanitaire et de la fermeture des frontières. Aussi, le comportement d’achat a changé car une partie des cibles sont des touristes. Pour y faire face, le styliste s’est tourné vers l’e-commerce ou le commerce en ligne. Une pratique bien connue ailleurs et qui commence à convaincre de plus en plus d’entreprises locales.

Iss Heridiny

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire