Les mouvements nationalistes à Madagascar

Jacaranda

Le peuple malgache n’a pas accepté la domination française. Les mouvements de lutte contre cette domination naissent partout à Madagascar. La colonisation fut une période d’éveil du nationalisme et du patriotisme. Il y a deux sortes de mouvements nationalistes, mouvements non organisés (sans structure), c’était des mouvements de résistance désordonnés (Ex : Menalamba (1896) et Sadiavahy (1905)) et des mouvements organisés : c’était des mouvements de libération nationale. Il y a aussi eu des mouvements organisés secrets (Ex : V.V.S en 1913) et des mouvements organisés non secrets (Ex : Jean Ralaimongo ; MDRM et le mouvement populaire de 1947).

Mouvement menalamba

MenalambaCe mouvement commence dès 1896. C’était un mouvement non organisé et clandestin. Ce n’était pas un parti politique. A l’origine, la défaite de l’armée malgache en 1895. Lorsque la Reine Ranavolana III a été obligée d’accepter le protectorat, les Menalamba avaient cru que leur reine était prisonnière des Français alors ils se révoltèrent. Ce mouvement a été initié par Rabozaka, Rainibetsimisaraka, Rabezavana. Les objectifs étant de repousser les Français, rétablir l’autorité de la Reine et restaurer les traditions et les idoles. C’était une lutte armée (coupe-coupe, fusils, sagaies). C’était aussi un mouvement xénophobe ! Il menait une lutte sans merci contre tous les étrangers et les missionnaires.

Ce mouvement a été un échec parce que les Français étaient bien organisés et militairement puissants. Les conséquences immédiates de ce mouvement furent l’annexion de Madagascar le 6 août 1896, l’abolition de l’esclavage et de la royauté, la Reine est exilée en Algérie et le général Gallieni est nommé Commandant Supérieur des troupes de Madagascar. C’est le début de la pacification.

Mouvement V.V.S

VVSCe mouvement débute en 1913. C’était un mouvement nationaliste organisé et secret. Les membres du V.V.S ne supportaient pas les inégalités et les injustices qui règnent à Madagascar.

Les membres étaient essentiellement composés d’intellectuels notamment des étudiants de l’école de médecine (Ravoahangy, Robin…), des poètes (Ny Havana Ramanantoanina), des journalistes (Ratsimiseta ; Andrianjafitsimo…) et des hommes d’église (le pasteur Ravelojaonina et le prêtre Venance Manifatra).

Les objectifs étant de lutter pour la liberté et la justice, renforcer la solidarité et la fraternité des Malgaches et renforcer le nationalisme des Malgaches. Les membres du V.V.S n’utilisent pas la violence. C’était une lutte pacifique. Il conscientise la population à l’aide de messages secrets dans les journaux et dans les tracts.

L’organisation fut vite découverte par l’administration coloniale en 1915. Les membres ont été sévèrement punis. Ils ont été condamnés aux travaux forcés, certains ont été exilés. L’école de médecine a été fermée.

Jean RALAIMONGO

RalaimongoRalaimongo était un instituteur Betsileo. Il a participé à la première guerre mondiale 1914-1918 en France. Devant la mort, il comprend l’égalité des personnes. Toute sa vie, il va mener une lutte (1922-1938) pour l’égalité. Son mouvement fut organisé et secret. A l’origine, l’inégalité des droits entre les colons et les Malgaches et les injustices et abus : le vol des terres des Malgaches par les colons. Les membres de ce mouvement sont composés de Jean Ralaimongo, des nationalistes malgaches : Ravoahangy, Abraham Razafy, Jules Ranaivo et des étrangers : Vittori, Paul Dussac, Planque. Son objectif est d’établir l’égalité des droits de tous les citoyens malgaches et français, supprimer l’indigénat et le SMOTIG et aider les paysans expropriés par les colons. C’était une lutte pacifique. Les moyens de lutte étaient les journaux, à savoir le journal « Opinion ». Dans ce journal, Ralaimongo, aidé par Paul Dussac et Ravoahangy, font une campagne de presse en faveur de l’égalité. Dans le journal « Aurore », Ralaimongo porte plainte contre le SMOTIG.

Le mouvement de Jean Ralaimongo a permis la libération des membres du V.V.S, la dissolution du SMOTIG et de l’indigénat. La manifestation du 19 mai 1929 a poussé les Malgaches à réclamer pour la première fois l’indépendance de Madagascar. Les dirigeants du mouvement de Jean Ralaimongo sont arrêtés et mis en résidence surveillée. Cependant, les militants malgaches ne se découragent pas. L’exemple du mouvement V.V.S et de celui de Jean Ralaimongo conduit les Malgaches vers un nationalisme populaire. Désormais, tout le peuple malgache aspire à l’indépendance.

4/ M.D.R.M et le mouvement populaire de 1947

MDRMC’était un mouvement organisé et non secret. C’était un parti politique reconnu légalement par le pouvoir colonial. Sa création est due à la promesse du général De Gaulle à la conférence de Brazzaville (Congo), la France accorderait son indépendance aux colonies qui l’aideraenit à gagner la 2e Guerre Mondiale (1939-1945). La déclaration de l’ONU dans sa charte : « Tout homme a le droit d’être libre, affranchi de toute forme d’oppression ». Le parti était composé des premiers députés malgaches : Ravoahangy, Raseta, Rabemananjara ainsi que des fonctionnaires malgaches : Ratsimamanga, Tata Max, Bezaha Alexis. L’objectif est d’obtenir l’indépendance de Madagascar.

Dans un premier temps, ce fut un mouvement pacifique : les moyens de lutte étaient les conférences et la publication de littérature dans les journaux. Ensuite, ce fut un soulèvement. La révolte éclate la nuit du 29 mars 1947 à l’Est de Madagascar (Moramanga, Manakara, Farafangana…). D’avril à juillet, le mouvement progresse vers les Hautes-Terres centrales, les militants vivent dans une situation très difficile. La répression a été terrible, le MDRM est dissout. Des dizaines de milliers de Malgaches ont étés massacrés. Les dirigeants et plusieurs militants ont été emprisonnés et condamnés aux travaux forcés. Raseta, Ravoahangy et Rabemananjara sont exilés après avoir été condamnés à mort.

Malgré cet échec, les Malgaches n’acceptent pas la domination française. Toute l’histoire coloniale de Madagascar est caractérisée par des luttes de libération dont le but était de libérer Madagascar des Français.

Source Trans-Mad’Développement

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10 Comments - Write a Comment

  1. Ce qui doit etre reconnu c’est que les grands nationalistes qui ont pris les armes ou pousser aux armes contre la France sont morts dans leur lit ou dans des honneurs accordés à par la France . On peut citer Raseta ,Ravohangy ,Rabemananjara ,Monja jaona ,Rabezavana ,Rainibetsymisaraka ,Rabozaka ,Ralaimongo ect ect
    Sur les 120 condamnations à mort prononcés apres 1947 ,il y eut moins de 12 fusillades .Tous les autres furent un jour amnistiés

  2. ny ratsy toa anao tsy anaiky mihintsy hoe ratsy iraky satana ry re5ak tsy vanona! mbola ho avy fa aza dia mirehaka foana

  3. Za perso aloha tsy Foza ka tsy mampiasa loha ahy izay any. Fa ny hilazako hianareo fanatique TIM tsy misaina fa faly manaratsy olona fotsiny satria very seza.
    Raha tiambahoaka ny Dadan’lesany naninona nadositra? Angaha Andry nadositra? Nandositra satria ny conscience manenjika ao hafara. Izy ve ny president de tsy ho voaporofny hoe iza no notifitra hatramizao raha madio izy? Full of shit…
    ohatrinona ny trosa tam DR8? nefa Andry teo tsy nisy bailleur de fond fa nahavita zavatra tsy nindrana tamin’iza n’iza. hita le difference?
    Andraso eo ny marina e! eto isika mahita.

  4. Ianao no miaro ny mpamono olona ary mety ho namany mihintsy ! mbola ho avy fitsarana anareo foza PADESM rehetra ireo

  5. aza be resaka ry RAVOTONGABE rehefa tsy mahafantatra ny Marina a! Taiza izy namono olona ( DAHALO?) ra tsy mahafantatra ny atao hoe engagement militaire et le droit de defendre de mangina.
    Olona tahaka azy no hilaina eto mahasahy mi-contrer ny mpitondra mpangalatra sy mpamono olona tahakandr’i Rajaompampiesona sy R8.

  6. Ny PADESM toy i lilisaona indrindra izao no mody miara mankalaza ny 29 mars miaraka @ ny vahoaka novonoiny

  7. ny mampalahelo dia mbola misy hatrany ny MALGACHE ataon-dry zareo saribakoly ho fitaovana hanjanahana sy hitsetsefana ny haren’i Madagasikara

  8. · Edit

    Malheureusement, nous sommes toujours au même point, aujourd’hui 46 ans après la fausse indépendance. Le schéma reste le même, des Malgaches, écrasés par la françafrque, mais cette fois les malgaches eux même sont devenus ennemis des autres Malgaches comme lors du coup d’etat de 2009, ou le blocage hvm, freedom, mapar. Mais tous les partis politiques sont responasble y compris le TIM infestés de profiteurs et des traîtres…; traîtra comme rasanjy à andriba contre l’armée coloniale.

  9. cet article est utile, car la plupart des Malgaches ignorent tout de leur histoire

    sinon, savez vous que l’on peut être catho, juif, musulman et aimer son pays, la France, militer aussi, ce qui fait alors de vous un nationaliste Français de religion musulmane, catho, ou juive !

    bonne journée

  10. Merci à trans-mad developpement et à vous de relayer cet article. Un seul bémol: svp évitez le mot « nationaliste ». Aux yeux du colon c’était la sémantique de MÉPRIS pour des mouvements de LIBÉRATION. Ne reprenons pas les mots de ceux qui nous ont asservis et préparé nos douloureux jours actuels en partie.

    On pourrait à ce titre abuser de la même astuce laquelle elle, se rattache à un FAIT, à une RÉALITÉ française, de france, ici:

    Nationaliste n’a aucun sens en france, quand une partie de sa communauté qu’ELLE REFUSE DE DÉCOMPTER, la MUSULMANE, lui donne des angoisses qui n’arrêtent de s’amplifier… Oui!

    Alors à quoi sert de psalmodier « nation » quand… aucun mouvement « nationaliste » français (au strict sens que la france coloniale accordait au mot à Madagascar, au Cameroun ou ailleurs), ne s’élève contre une SCISSION MANIFESTE de ladite « nation »? La france est DÉJÀ un pays musulman et le premier en Europe. Ce n’est plus de la sémantique, mais un FAIT!

    Que c’est beau de s’amuser avec les mots! Ce ne sont pas toujours les mêmes qui gagnent.

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