Festival Angaredona : Vitrine de la musique vivante de Madagascar

Rajery sur la scène d’Angaredona.
Rajery sur la scène d’Angaredona.

Le festival des musiques vivantes Angaredona, initié et fondé par l’artiste Rajery, a pris une nouvelle dimension cette année. Organisé à Ambositra, il a montré l’étendue et la richesse de la musique du terroir de Madagascar. Une richesse culturelle inégalable qui ne demande qu’à s’épanouir. Durant tout le festival donc, couplé avec le rallye Amoron’i Mania, Ambositra est devenue la capitale de la culture de Madagascar.

 

Midi Madagasikara : Quel bilan dressez-vous de cette 13e édition du festival Angaredona à Ambositra ?

Rajery : Dire que je suis totalement satisfait, je ne pense pas que ce soit vrai. Mais j’avoue que je suis content, et surtout très ému par toutes ces festivités qui se sont déroulées ici à Ambositra, dans le cadre du festival Angaredona. Je suis content car le message est transmis : la musique du terroir, la vraie musique malgache, c’est notre richesse. On doit en être fier, on doit l’honorer. Je ne crois pas que les Malgaches n’aiment pas la musique du terroir, je pense juste qu’ils n’ont aucune occasion de l’écouter, de le voir sur scène. Parce que cette musique n’est pas populaire, comme la variété. Mais si on lui donne les mêmes opportunités, alors tout le monde l’appréciera à sa juste valeur.

 

MM : Avec une quarantaine d’artistes qui ont défilé durant le festival, comment avez-vous auditionné les groupes ?

Rajery : C’était difficile car il y avait beaucoup trop de groupes qui méritaient de participer. Malheureusement, on ne peut pas emmener tout le monde avec nous. Il y a ceux qui sont de Tanà, mais il y a aussi ceux qui sont d’ici et qui ne se produisent pourtant pas ici, alors on a voulu les ramener à leurs sources pour rencontrer leurs premiers publics. Mais au-delà de cela, on a pris des groupes de tout Madagascar. Jaojoby, Teta, Mija, Lôla, Oladad, Théo Rakotovao, Rola Gamana, Moune, venu même de Belgique pour le festival… pratiquement toutes les régions ont été représentées.

 

MM : Comment arborez-vous 2017, après ce grand succès populaire et artistique ?

Rajery : On va préparer le festival 2017 dès octobre prochain. Il faudra encore plus pour l’année prochaine car il faut améliorer chaque année. Organiser un festival n’est vraiment pas facile, et heureusement que nous avons eu un mécénat qui nous a financièrement aidé dans l’accomplissement de cette édition. Nous comptons encore sur leur générosité pour le festival prochain, avec, pourquoi pas, le soutien d’autres mécènes et partenaires. En tout cas, pour l’année prochaine, notre objectif sera d’ouvrir le festival vers la région Océan Indien et l’Afrique. Pour que ce festival soit une véritable plateforme d’échange artistique et culturelle entre les artistes.

Recueillis par Anjara Rasoanaivo

Samikely joue de la valiha pour le fun.
Samikely joue de la valiha pour le fun.

Valiha : Samikely, du bambou aux instruments de musique

 

Lorsque sur scène, Rajery parcourt ses doigts (et son avant bras !!! quel talent !!!) sur la valiha, on se laisse emporter par sa musique. Mais on n’a aucune idée de comment cet instrument traditionnel est fabriqué. Car derrière les artistes, il y a les artisans. Rajery travaille étroitement avec ces derniers pour promouvoir cet instrument typiquement malgache. C’est donc du côté du by-pass, à Ifarihy Antsahakely, que Rakotozafy Samuel, plus connu sous son petit nom Samikely, travaille chaque jour le bambou, pour en faire des valiha, et d’autres instruments de musiques typiques et authentiques. « J’utilise le bambou comme matière première. Du bambou qui vient d’Anjozorobe Moramanga, on en trouve encore très bien pour le moment. Puis, pour les mécaniques, j’utilise le voatavo mota. De la peau de zébu à la fois pour le décor, mais aussi pour cacher tout l’assemblage, et des câbles, tout comme pour la guitare, sauf qu’il faut les grands car contrairement aux guitares qui ne comptent que 6 et 7 cordes, la valiha en compte de 17 à 19 ! » explique l’artisan. « Et ce n’est pas tout, je fabrique aussi d’autres instruments de musique. A la base, je faisais des tambours, et des batteries purement fabriqués avec des peaux de zébu tendues. Mais le coût de revient est trop élevé, alors que le marché est incertain. C’est ma rencontre avec Rajery qui m’a fait changer d’avis, me voilà donc à fabriquer des valiha, mais aussi des kaiamba, korintsana rambo, des bâtons de pluie, des marajas voatavo, des tsikadraha… » ajoute-t-il. Son atelier est une véritable expo de découverte d’instruments de musiques typiques. Malheureusement, le marché malgache étant encore trop frêle, Samikely se consacre davantage aux articles destinés à l’exportation.

Anjara Rasoanaivo

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