Sécheresse et manque d’eau à Antananarivo : La capitale entre psychose et ressaisissement


Jacaranda

La psychose s’est installée à Antananarivo quand l’éventualité d’une coupure totale d’eau a commencé à être envisagée par la population tananarivienne, suite à la déclaration, médiatisée, d’un haut responsable de la JIRAMA sur la baisse du niveau d’eau dans le lac Mandroseza qui alimente en grande partie la capitale. Il est évident que la ville d’Antananarivo et ses environs immédiats souffrent terriblement du manque d’eau depuis des semaines. Les nappes phréatiques en montrent les signes, car les puits sont de plus en plus profonds, voire asséchés dans certains cas, et les réserves d’eau souterraines risquent alors de diminuer considérablement, faute d’alimentation via les précipitations. Quoi qu’il en soit, « nous ne sommes pas encore menacés de coupure totale d’eau », tempère le ministre de l’Eau, faisant référence à une solution qui consiste à ouvrir les vannes au niveau du lac de barrage du Tsiazompaniry à une centaine de kilomètres d’Antananarivo, pour alimenter le lac Mandroseza.

Tsiazompaniry, la solution. Avec ses 31km² de surface, le lac de barrage de Tsiazompaniry représente donc la solution pour éviter une coupure totale de l’alimentation en eau dans la zone d’Antananarivo. Les deux barrages qui constituent les principales infrastructures de Tsiazompaniry ont été construits durant la période coloniale, puisqu’ils datent de 1956. Ils permettent de retenir l’eau dans le lac de Tsiazompaniry. Celui-ci, capable de stocker jusqu’à 270 millions de m3 d’eau, n’en est cependant pas au maximum de sa capacité de stockage, bien au contraire. Suite aux récents épisodes de sécheresse, ici aussi, le niveau de l’Ikopa n’est pas particulièrement élevé, mais, pour l’instant, ne fait pas craindre un tarissement.

Psychose. L’eau coule encore dans les robinets. Cependant, les fréquents problèmes d’alimentation en eau qu’ont subis les usagers de la JIRAMA, compagnie nationale d’eau et d’électricité, ont déjà amené ces derniers sensibles à recourir à des solutions comme le stockage de l’eau dans des bidons ou des barriques et autres fûts en plastique.  La psychose qui a gagné la capitale de Madagascar, après l’annonce d’une possible coupure totale d’eau, n’a fait que renforcer cette méthode devenue une habitude dans certains quartiers d’Antananarivo. Seulement, la hausse soudaine de la demande a favorisé, en seulement une journée, une envolée des prix des récipients. Jusqu’à 100.000 ariary pour un grand fût en plastique à Ambalavao Isotry, lieu de vente le plus connu de ce type de conteneur, tandis que les fameux bidons jaunes de 20 litres se monnaient jusqu’à 4000 ariary l’unité. Auparavant, ils étaient respectivement de 50.000 ariary et 1000 ariary.

 

Les bons gestes pour économiser l’eau

 Economiser l’eau du robinet 

Un robinet ouvert, c’est 12 litres d’eau par minute, en moyenne. Un brossage des dents dure (et doit durer) en moyenne 3 minutes. En laissant le robinet ouvert pendant ce temps, le calcul est vite fait ! Alors, préférons le « zinga » qui ne nécessite qu’un ou deux litres d’eau au maximum, au lieu de laisser le robinet couler.

Vérifier les fuites

Un robinet qui fuit peut dépenser jusqu’à 120 litres d’eau par jour. Il est donc important de vérifier régulièrement l’état des robinets, ou condamner ceux qui fuient en attendant de pouvoir les réparer.

Préférer la douche au bain 

La douche consomme deux à cinq fois moins d’eau que le bain, alors, pour ceux qui possèdent une baignoire, bien que minoritaires à Madagascar, le choix doit être vite fait !

Utiliser du papier 100% recyclé et limiter les impressions 

On n’y pense pas souvent, mais une tonne de papier recyclé permet d’économiser 20.000 litres d’eau. C’est pourquoi, en remplaçant le papier blanchi par du papier 100% recyclé non blanchi, on économise 90% d’eau et 50% d’énergie !

Récupérer les eaux de pluie

L’eau de pluie peut être utilisée dans toutes les activités qui ne nécessitent pas d’eau potable. La récupération des eaux de pluies pour usage domestique (laver les terrasses, arroser les plantes, laver la voiture, etc.) est une pratique qui permet d’économiser la ressource en eau, mais aussi pour désengorger les réseaux d’évacuation, car ils contribuent à lutter contre les effets néfastes dus aux inondations.

Utiliser moins d’eau pour laver la voiture  

Laver sa voiture à grande eau représente une importante consommation en eau (jusqu’à  200 litres, et entre 50 à 60 litres pour un lavage à haute pression). Optons pour le lavage à la manière des travailleurs informels, un ou deux seaux d’eau suffisent.

Opter pour la chasse d’eau à deux débits 

Le système de chasse d’eau permet de réduire le débit de 15 litres par jour pour un foyer de deux personnes. A défaut de système à deux débits, il suffit de placer une bouteille d’eau remplie de sable dans le réservoir de la chasse d’eau des toilettes. Cela permettra de réduire la consommation d’eau des toilettes de 50%. Attention : une chasse d’eau qui fuit revient à une consommation supplémentaire de 30 à 250 de mpar an.

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