La malnutrition et la sous-alimentation à Madagascar



Jacaranda

Dans la Grande Ile la malnutrition figure encore parmi les premières causes de la mortalité infantile. En effet, une étude sur les conséquences de la faim menée par les Nations Unies a montré que 43% de la mortalité des enfants de 0 à 5 ans sont causés par la malnutrition. L’explication réside dans le fait que les enfants, une fois malnutris, deviennent vulnérables à toutes sortes de maladies classiques, comme la diarrhée, le paludisme, etc. N’ayant pas assez de forces, leurs systèmes immunitaires deviennent vulnérables et de ce fait, ne peuvent pas lutter efficacement contre les maladies qui sont facilement vaincues chez les enfants ayant une alimentation saine et équilibrée, ou une bonne nutrition. Ce qui rend donc vulnérables ces enfants, au point d’en mourir. Or, à titre de rappel, à Madagascar, presque la moitié du nombre d’enfants de moins de cinq ans, est encore affecté par la malnutrition chronique. Ainsi, l’insécurité alimentaire atteignant surtout les enfants demeure un problème majeur non moins difficile à résoudre dans le pays. Toutefois, les adultes non plus n’en sont pas épargnés. A ce sujet, l’étude menée récemment par les Nations Unies montre également que huit millions d’adultes malgaches sont atteints des mauvaises conséquences de la malnutrition, leur causant un retard de croissance. Le « Kere » qui sévit dans le Sud du pays est le plus frappant, outre la malnutrition, il est également question de sous-alimentation. Un problème que les différents régimes qui se sont succédé dans le pays n’ont pas su résoudre. 

Malnutrition chronique

Paradoxalement sur les terrains, la situation se présente autrement si on ne cite entre autres que les problèmes rencontrés au niveau de l’Office Régional de Nutrition(ORN) du Menabe et qui n’est pas un cas isolé, surtout depuis le retrait des différents partenaires. Selon un technicien auprès de l’ONN, la lutte contre la malnutrition chronique commence dès la naissance de l’enfant et durant les 1 000 premiers jours. Passé ce délai, la malnutrition chronique de l’enfant est irréversible et l’enfant ne pourra plus retrouver ses capacités physiques et intellectuelles, une préoccupation majeure quant au développement du pays.

Dans l’ensemble de la région du Menabe, il existe théoriquement 185 sites de PNC (Programme de Nutrition Communautaire) alors que 56 sites PNC seulement sont opérationnels, soit 30%. A voir la dégradation de la situation au niveau des cinq districts de la région et de ses 56 communes, les efforts accomplis avant 2014, date du retrait progressif des partenaires, risquent d’être fortement compromis en matière de lutte contre la malnutrition chronique et de taux de l’insuffisance pondérale enregistrés des années auparavant auprès de ces sites PNC qui avaient enregistré une moyenne de 7,71 % en 2013. A noter que le taux de la malnutrition chronique dans la région du Menabe avoisine actuellement les 40% contre 47% au niveau national.

Toujours selon le coordonnateur régional, la commune rurale d’Anosimena, dans le district de Miandrivazo, a été choisie pour être un site pilote en matière de lutte contre la malnutrition avec l’appui des différents partenaires tels que l’Ong Helvetas Swiss, l’Ong AIM et le Programme Matoy financé par la coopération Suisse. Il s’agit là d’instaurer une synergie d’actions dans une même localité, de tous les partenaires multisectoriels dont l’objectif commun est de lutter contre la malnutrition. Un programme analogue est établi pour toutes les régions de l’Ile. 

L’insécurité alimentaire

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le terme sous-alimentation «désigne la situation des personnes dont l’apport énergétique alimentaire est insuffisant pour maintenir une vie saine et active. Le terme « sous-alimentés » désigne les personnes dans cette situation. Le pourcentage de la population souffrant de sous-alimentation indique la proportion de la population qui est sous-alimentée.» La FAO propose l’évaluation suivante: «Lorsque ce nombre de personnes est exprimé en pourcentage de la population, on peut classer les pays en sous-catégorie selon la gravité de l’insécurité alimentaire, par exemple très faible insécurité alimentaire lorsque le taux de prévalence est de 2,5 pour cent ou moins et très forte insécurité alimentaire lorsque le taux est supérieur à 35 pour cent, etc.» Pour les pays les plus riches, le taux de base est fixé à 2,5%.

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