Combats de coqs « ou adin’akoho » : Des mises jusqu’à 40 millions d’ar



Jacaranda

Celui qui fait le sport n’est pas le jockey ni le coqueleur évidemment, mais le coq. Et à en voir comment les spécialistes font, c’est vraiment du sport. C’est le cas de dire « Coq sportif » pour Madagascar. 

Le cou nu de Madagascar : Une race en voie d’extinction

Un coq au cou sans plume que d’autres appellent « Akoho sinoa », et c’est notre patrimoine national en fait. Il est très recherché en Europe et en Asie. On parle de Cou Nu de Forez, de Cou Nu de Transylvanie, mais selon notre spécialise « le Cou Nu de Madagascar reste vraisemblablement l´ancêtre commun de tous les Cous Nus. Ce coq est haut sur pattes, avec un cou long et fort, et une crête aplatie. Il a l´œil clair et foncé, mais un regard d´aigle. Il a peu de plumes, mais elles sont collées au corps. Il a les pattes jaunes, les doigts très écartés et longs donnant au coq une très bonne assise ». Bien préparés, ces Cous nus sont très résistants et possèdent une fougue et une voracité incroyables. La race est en voie d’extinction, mais on en trouve encore en pleine brousse ou dans des petits villages.
Les coqs, ces athlètes : Et il y a des athlètes dopés !

« Avant les combats, nous les préparons et les entraînons. On pend des morceaux de viande et le coq les attrapait en sautant parfois jusqu`à deux mètres. C’est un excellent exercice pour fortifier leurs ailes et leurs cuisses ». Les coqs sont préparés durant environ trois mois avant les combats. Chaque éleveur a sa propre façon pour la préparation et garde jalousement ses astuces. « Mais la base de préparation, c’est l’entraînement d’endurance et de musculation, de régime alimentaire complet : certains utilisent même des produits dopants. Parfois il faut faire des traitements médicamenteux pour éliminer les parasites ».

 Va pour les Lita, Poizina, Tsilaizina…

Les Malgaches importent actuellement, depuis une dizaine d’années des races venant surtout de La Réunion et récemment de Thaïlande. Cela donne différents coqs. Ainsi, il existe à Madagascar de nombreuses races de coqs de combat appelées « race locale » avec les : Lita, Poizina, Tsilaizina, Kalamena dit aussi Menalamba, Bengaly dit aussi Kalamainty, Kalamavo dit aussi Mavolamba. Les connaisseurs les ont classés par leurs aptitudes au combat. Ils sont issus de croisements de races depuis plusieurs centaines d’années. « Mais la seule race purement malgache reste le Cou Nu de Madagascar ».
Gallodrome, vous connaissez ?
Des combats sont organisés presque tous les jours dans les « gallodromes » dans tous les recoins de Tana. Les plus connus restent ceux d’Anosisoa, Ambohimangakely, Tanjombato, Ambatoroka et Andrady. Les combats aussi font le tour des régions comme Manakara, Fianarantsoa, Toamasina, Antsirabe, Morondava et Antsiranana….

 Des combats de 2 h : Des mises de 40 millions d’Ar

De sport, le combat de coq est devenu un business. Les combats sont surtout des combats d’endurance. Les propriétaires ou porteurs estiment de visu les coqs. Ils vont discuter, choisir et décider si leurs coqs sont capables d’affronter tel ou tel adversaire. « Il faut éviter de donner de l’avantage en poids et en hauteur à l’adversaire. Après, on collecte l’argent des parieurs. Toute la mise va à la caisse avant le combat. Le combat dure 2h et le coq qui s’enfuit ou qui est KO ou qui a les deux yeux percés par l’ergot de l’adversaire est déclaré vaincu. Le combat est déclaré nul si aucun coq n’est vaincu dans les 2h. Un arrangement entre les jockeys et l’arbitre pourrait se faire pour déclarer le combat nul avant les 2h. Une pause d’une minute est accordée une fois qu’un coq franchit la ligne de touche. Il y a aussi des règlements qui régissent sur le comportement des jockeys, mais la tendance actuelle est le combat sans jockey afin d’éviter les litiges et tricheries durant le combat. La mise commence en général à 50 000Ar, mais pouvant aller jusqu’à 40 000 000Ar comme lors du dernier championnat organisé à Fianarantsoa.
Pages Facebook « Batay Coq de Madagascar » et « Combat de Coq Dago »

Si vous l’ignorez, deux pages facebook se consacrent entièrement aux coqueleurs « « Batay Coq de Madagascar » avec 10 000 membres et « Combat de Coq Dago » avec 7000 membres. C’est dire l’engouement pour ce sport.

 Masters de combats de coq : Avec TVM et Zanam Farm

Une émission « Ny akohoko » est dédiée aux combats de coqs sur TVM tous les dimanches à  21h. Elle résume les grands combats qui se sont déroulés pendant la semaine et fait la promotion des éleveurs. TVM s’associe aussi à ZANAM FARM pour organiser un grand tournoi national, le « MASTERS TOUR 2017 »

Le programme :

24 – 25 juin                        Antananarivo

01 – 02 juillet                 Antananarivo

28 – 29 – 30 juillet          Sambava

25 – 26 – 27 août              Manakara

15 – 16 – 17 août              Fianarantsoa

20 – 21 – 22 octobre : lieu à déterminer

17 – 18 – 19 novembre Tamatave

16 – 17 décembre         Antananarivo

Dossier réalisé par Anny Andrianaivonirina

En collaboration avec Nix Gamefowl

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